RP DRE
Je voudrais simplement montrer que le champ de la connaissance est limité par le criticisme exactement comme par le posivitisme, que Spencer ne fait que répéter Kant, en déclarant l’absolu inconnaissable.
Pour cela, nous n’avons qu’à passer en revue ces formes nécessaires de toute pensée dont Kant a donné une liste, plus où moins modifiée par ses disciples (1) era rappeler ce qu’il pense de leur valeur objective.
Les formes de la sensibilité sont l’espace et le temps.
« Pour que je puisse rapporter certaines sensations à « quelque chose d’extérieur à moi, et, de même, pour « que je puisse me représenter les choses comme en « dehors et à côté les uns des autres, il faut que la re- « présentation de l’espace existe déjà en moi : cette re- « présentation ne peut donc être tirée par l’expérience « des rapports des phénomènes extérieurs (2). » L'espace est Gonc une « représentation nécessaire, a priori, » une intuition pure, c’est-à-dire logiquement antérieure à l'expérience.
Mais « l’espace n’est autre chose que la forme de < tous les phénomènes des sens extérieurs... Si nous «< sorions de la condition subjective, sans laquelle nous «ne saurlions recevoir d'intuitions extérieures, la re- « présentation de l’espace ne signifie plus absolument € rien(3). » En effet, ce n’est ni un être en soi, ni même un attribut de la réalité. « Nous ne saurions voir dans les
métaphysique,etc. — La doctrine du maître se reconnait d’ailleurs dans les nombreuses études publiées par l’école néo- kantiste, et avant tout, mais avec d'importantes modifications, dans les ouvrages de M. Renouvier.
(1) M. Liard, qui les appelle : lois objectives de la connaissance, donne celle-ci : idées de temps, d'espace, de nombre, de substance, de cause.
(2) Critique de la Raison pure. Trad. Barni. T. I, DT
(3) Ibid., p. 81.
CA lerte
Si à
CS LR
« conditions particulières de notre sensibilité les condi- « tions de la possibilité des choses mêmes, mais celles « seulement de leurs manifestations (1). »
Cette idéalité, cette subjectivité de l’espace conduit
même Kant à l’idéalisme de Berkeley, dont il se défend vainement, en même temps qu’à la théorie de l’inconnaissable : « L'espace n’est pas une forme des choses « considérées en elles-mêmes; les objels ne sont pas « connus en eux-mêmes, et ce que nous nommons objets « extérieurs consiste dans de simples représentations « de notre sensibilité, dont l’espace est la forme, mais « dontle véritable corrélatif, est-à-dire la chose en soi, nest pas et ne peut pas être connu par là (2).» De même pour le temps: « C’est une représentation « nécessaire qui sert de fondement à toutes les intui- « tions. La simultanéité ou la succession ne tomberaient « pas elles-mêmes sous notre perception, si la repré- « sentation du temps ne lui servait apriori de fonde- « ment (3).»
Mais « le temps n’est pas quelque chose qui existe par « soi-même ou qui soit inhérent aux choses, et qui, par « conséquent, subsiste quand on fait abstraction de « toutes les conditions subjectives de leur intuition. « Si nous prenons les objets tels qu’ils peuvent être « en eux-mêmes, alors le temps nest rien.Il n’a de « valeur objective que relativement aux phénomènes,
le)
l'IP 02: 3
5 P. 85. Kant se défend coutre l'accusation d’idéalisme en disant, (p. 106) que sans doute les objets nous sont donnés réellement (objectivement), mais qu’ils ne sont connus qu'autant qu'ils sont représentés. N'est-ce pas dire qu'ils n'existent pour nous que comme représentations ? et revenir au subjectivisme dans l'ordre de la connaissance conduit inévitablement à l'idéalisme dans l’ordre de la réalité.
(3) Op. cit. p. 90.
« mais ne peut être attribué aux choses en soi, soit à « titre de substance, soit à titre de qualilé (1).»
Malgré la multiciplité fatigante des affirmations précédentes, Kant consacre encore plusieurs pages à expliquer comment l’espace et le temps sont des formes réelles de notre sensibilité, mais n’ont, en dehors de Pexpérience, qu’une idéalilé transcendentale, ce qui veut dire qu’ils ne sont pas des objets de pensée, qu’ils sont absolument inconnaissables.
L’explication de la valeur de l’idée de temps amène une conclusion intéressante pour notre sujet. L’idéalité du temps, dit Kant, semble plus difficile à admettre que celle de l’espace, parce que le moi auquel on le rapporte, nous est immédiatement révélé par la conscience comme un être réel. C’est oublier, répond-il, que le moi, comme tout objet, ne nous estconnu qu’en tant que phénomène et non pas en soi. La réalité du temps, comme celle de l'espace, bien plus celle du moi, comme du non-moi, sont purement empiriques et phénoménales. Le criticisme, c’est donc un phénoménisme subjectif se superposant et s'imposant au phénoménisme objectif. Le positivisme lui-même, celui de Spencer, en particulier, n’enseigne-t-il pas, lui aussi, que tout phénomène externe a son corrélatif interne, ou plutôt, que tout phénomène peut être considéré à deux points de vue, l’un objectif, l’autre subjectif, ou enfin que tout phénomène est une représentation ? Ainsi l'uneet l’autre docirine reviennent en définitive à un phénoménisme idéaliste ; l’une et l’autre affirment qu’en dehors du phénomène rien n’est connu ni connaissable.
Ces conclusions, qui ressortent de l’esthétique transceudantale, seront confirmées par celles de la logique
(1) Ib. p. 91.
din ets aie Vs Éd + di 7 dt él ii er bi à dé ile
sd éier
» ds ht
LÉ