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transcendantale ; d’abord par celles de Panalytique transcendantale, en attendant celles, plus décisives encore, de la dialectique transcendentale.
L’entendement, comme la sensibilité, a ses formes a priori. Ce sont des concepts purs, des catégories. Je n’ai pas à reproduire et à discuter le tableau qu'en dressent Kant et ses disciples, mais seulement à en examiner la fonction et la valeur objective.
Leur unique fonction est de ramener la multiplicité et la diversité des intuitions à l’unité de la conscience. Faut-il pour cela que la conscience saisisse immédiatement lemoi comme une substance, un sujet simple et identique ? Cela n’est ni nécessaire ni possible. L'entendement n'est pas intuitif mais discursif; il ne voit pas, il pense, c’est-à-dire qu'il synthétise les données de l'expérience. Par expérience, d’ailleurs, Kant entend, tout comme les sensualistes, la connaissance des phénomènes physiques : « La pensée d’un objet en général ne « peut devenir en nous une connaissance, par le moyen « d’un concept pur de l’entendement, qu’autant que ce « concept se rapporte à des objets des sens (1). »
Les concepts de l’entendement peuvent s'étendre aux objets de lintuition ex général, et non pas seulement aux objets des sens. « Mais à ne nous sert de rien « détendre ainsi la conception au delà de notre intui- « tion sensible. Car nous n'avons plus alors que des « concepts vides d'objets, où de pures formes de la « pensée, dépourvues de toute réalité (2). » En un mot, l'application de ces concepts, en dehors de l’expérience externe, servirait tout au plus à établir l'accord ou le désaccord de la pensée avec elle-même. Elle ne don-
(1) [bid., p. 173.
(2) Ibid, p. 175.
LES tOTLAS
nerait pas une connaissance véritable, ou, comme on dit aujourd'hui, positive.
Ce n'est pas que Kant cherche à nier la réalité des phénomènes internes et la connaissance que nous en avons.Mais il lesextériorise en quelque sorte (1). « Nous « ne pouvons penser une ligne sans la tracer en idée, « un cercle sans le décrire. Nous ne pouvons même pas « nous représenter le temps (forme générale du sens « interne) sans {irer une ligne droite (laquelle est la « représentation extérieure et figurée du temps) (2). » Kant s'efforce ainsi de maintenir sa doctrine fondamentale : au-dedans comme au dehors, nous ne connaissons que des phénumènes et de la même manière : «Je ne « me connais pas autrement que les autres phéno- « mènes(3).» « Nous ne connaissons notre propre sujet « que comme phénomène et non dans ce qu'il est en « soi (4). » La conscience nous affirme bien que nous sommes, mais ne nous fait pas connaître ce que nous sommes. « Je ne me connais nullement comme je suis, « mais seulement comme je m’apparais à moi-même. « La conscience de soi-même est donc bien loin d'être «une connaissance de soi-même (5). » \
À quoi bon multiplier les citations? C’est la même affirmation indéfiniment reproduite, et dont voici, entre autres, la formule très-nette : «Les phénomènes ne sont . « que des représentations de choses qui nous demeurent « inconnues en elles-mêmes (6). »
(1) Tout à l’heure il subjectivait les phénomènes externes.