‹ Les théories de l'inconnaissable: Les degrés de la connaissanceChapitre 15 sur 43 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

L'inmconnaissable d’uprès le pantaéigme.

Une substance unique qui s’exprime par une infinité dattributs infiuis, lesquels se manifestent par une infimité de modes finis, sous la loi d’un rigoureux déterminisme, tel est le point de départ de la métaphysique de Spinoza.

Remarquons-le tout de suite: la substance en SOI est absolument indéterminée; c’est en quelque sortè une pure puissance (1), comme la matière d’Aristote et des anciens philosophes, comme l’Idée d’Hégel ou l’In-conscient d'Hartmann ; c’estle Dieu de tous les panthéistes.

Ses attributs sont également indéterminés ; la Pensée et l’Etendue, les seuls que, d’après Spinoza, nous connaissions, ne sont rien en dehors des modes qui les manifestent, c’est-à-dire les âmes et les Corps.

(1) « L’ententement en acte, soit fini, soit infini, doit se rapporter à la nature naturée, non à la nature naturante. Par enteniement, en

effet, nous ne désignons pas la pensée absolue. » (Ethique, Part, I, prop. 3

pente.

Les âmes et les corps, que sont-ils eux-mêmes? Des modes complexes de la Pensée et de l’Etendue. Une collection d'idées correspondant exactement à une col lection d'affections sensibles ; plus exactement encore, un agrégat de faits à double face, l’une interne et psycho— logique, l’autre externe et physiologique : tel est l'homme de Spinoza.

C’est exactement la doctrine du positivisme contemporain. Si l'identité ne saute pas d’abord aux yeux du lecteur de l'Ethique, c’est que la rigueur logique de Spinoza est tout extérieure et artificielle et qu’en réalité, sous ce tissu de déductions soi-disant géométriques, les contradictions abondent.

Cest ainsi que Spinoza commence par donner à la substance la plénitude de l’être. Lisons en effet la suite des premières propositions de l’Ethique:

L'existence appartient à la nature de la substance. (Part. I, prop. 7.) Toute substance est nécessairenent infinie. (Prop. 8.) Suivant qu'une chose a plus de réalilé ou d’être, un plus grand nombre d’attributs lui appartiennent. (Prop. 9.) Dieu, c’esl-à-dire une substance constituée par une infinilé d'altributs dont chacun exprime une essence éternelle el infinie, existe nécessairement (prop. 11), etc.

Mais il faut entendre le langage de Spinoza, et bien se garder de donner à ces propositions et à celle où il prête à Dieu la pensée, l’action, la liberté, l'éternité, Pimmensité, ete., le sens obvie et qui résulterait de la signification ordinaire des mots.

D'abord Dieu est absolument infini. Or, pour Spinoza, comme pour Kantet pour Spencer, déterminer c’est limiter. Omnis determinatio negatio est. Dieu infini, illimité est donc indéterminable. Ses attributs sont identiques avec son essence et son essence échappe à toute détermination.

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