‹ Les théories de l'inconnaissable: Les degrés de la connaissanceChapitre 17 sur 43 · PRES · texte numérisé non relu

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expressément : « Dieu est chose étendue. La démons- € tration de cette proposition se fait de la même façon € que celle de la proposition précédente : Dieu est chose « pensante. » C'est-à-dire que les corps seuls intro duisent la détermination an sein de cette étendue, en soi indéterminée.

En un mot, Dieu ou la substance n’est rien en dehors de ses attributs la Pensée et l'Etendue ; la Pensée et Etendue ne sont rien en dehors des âmes et des Corps.

Les âmes et les corps ne sont rien eux-mêmes que des collections de faits dont l’unité est purement nominale : « L’être de la substance n'appartient pas à l’es- « sence de l’homme ; en d’autres termes, ce n’est pas la « Substance qui constitue la forme ou lessence de « homme. » (Part. II, prop. 10.)

Et dans le corollaire de cette proposition : « L’essence « de l’homme est donc une affection ow un mode qui « exprime la nature de Dieu d’une certaine façon « déterminée. »

Ce n’est même pas une affection ou w#n mode, mais un agrégat d’affections. « L'idée qui constitue l'être formel « de l’âme humaine n’est pas simple, mais composée de « plusieurs idées. » (Propos. 15.) Et cela parce qu’elle est « l’idée du corps, lequel est composé de plusieurs « individus fort composés eux-mêmes. » Par individus il faut entendre a/fections ou modes.

Ainsi, des faits, reliés entre eux par une substance qui n’est rien en dehors de ces faits, c’est-à-dire par une abstraction absolument indéterminée, voilà toute la réalité pour Spinoza. C’est bien le pur phénoménisme. Et ce terme est le vrai pour désigner à la fois le pauthéisme, le criticisme et le positivisme.

Une pareille théorie de l’existence amènera nécessai-

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rement Spinoza à une théorie de la connaissance identique, sous le point de vue fondamental, à celles de Kant et de Spencer, et dont le dernier mot est celui-ci : l'absolu est inconnaissable.

Elle offre d’ailleurs les mêmes difficultés que la théorie de l'existence, parce qu’elle enveloppe les mêmes contradictions.

« L'ordre et la connexion des idées est le même que «l'ordre et la connexion des choses. » (Eth., part. IT, prop. 7.)

Le même veut dire, pour Spinoza, non point qu'il y à parallélisme, mais identité, par celte raison, fondamentale dans la philosophie de Spinoza, que « la subs- « tance pensante et la substance étendue ne font qu’une « seule et même substance, laquelle est conçue tantôt « sous l’un de ses attributs, tantôt sous l’autre. »

« De même, un mode de l'étendue et l’idée de ce mode «ne sont qu'une même chose exprimée de deux « manières. » (Mème propos. Démonstr.) En d'autres termes, l’'agrégat de phénomèn*s qui constitue un homme possède une double face, l'une externe, l'autre interne, l’une objective, dirait Spencer, l'autre sub jective. C'est le sens de cette phrase spinoziste «L'âme est l’idée du corps; le corps est l'objet de « âme. »

Une idée particulière est donc l'aspect psychologique d’une affection du corps. Spinoza le professe expressément : « Le premier fondement de lêtre de l’âme «humaine n’est autre chose que l’idée d’une chose « particulière et qui existe actuellement (1). » (Ethiq.,

(1) « L'objet de l’idée qui constitue l'âme humaine, c’est le corps, en d’autres termes, un certain mode de l’étendue, lequel existe en acte et rien de plus. » (Prop. 12.)

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