‹ Les théories de l'inconnaissable: Les degrés de la connaissanceChapitre 18 sur 43 · HR TU · texte numérisé non relu

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part. IT, prop. 11.) Penser, c'est se représenter une modification de notre organisme, et une modification actuelle.

Se représenter une modification passée, c’est se souvenir, etle souvenir, pour Spinoza comme pour Spencer, est une sensation faible comparée à la sensation actuelle.

L’idée est si bien une représentation, que nous ne percevons pas directement les affections du corps, mais seulement ces affections en tant qu’elles sont données dans l'esprit : « L’âme humaine ne connaît pas le « corps humain lui-même et ne sait qu’il existe que par « les idées des affections qu’il éprouve » (Prop. 19.)

Quant aux idées générales, nous retrouvons encore chez Spinoza le nominalisme de Spencer. Ce sont de purs symboles, d'autant plus dépourvus d’exactitude qu’elles séloignent davantage des idées particulières. «Je dirai en peu de mots quelle est l’origine de ces « termes qu’on appelle {ranscendantaux, comme étre, « chose, quelque chose. Ces termes viennent de ce que « le corps humain, à cause de sa nature limitée, n’est «capable de former à la fois, d’une manière distincte, « qu'un nombre déterminé d'images. De telle façon « que, si ce nombre est dépassé, les images commencent «de se confondre ; et, s'il est dépassé plus encore, ces «images se mêlent les unes avec les autres dans une « confusion universelle... Ainsi, dès que les images « sont livrées dans les corps à une entière confusion, «Vâme n'imagine plus les corps que d’une manière « confuse et sans aucune distinction, et les comprend « toutes comme dars un seul attribut, l’attribut être ou « chose, etc. » (Propos. 40, schol. 1.)

Ces notions sont aussi toutes relatives : « Il faut re- « marquer que ces notions ne sont pas formées de la

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«même façon par tout le monde; elles varient pour « Chacun, suivant ce qui dans les images a le plus sou- « vent affecté son corps, et suivant ce que l’âme ima- « gine ou rappelle avec plus de facilité. » (Ibid.)

«Il résulte clairement de tout ce qui précède que « nous tirons un grand nombre de perceptions et foules « nos notions universelles : Lo des choses particulières «que les sens représentent à l'intelligence d’une ma- «nière confuse, tronquée et sans aucun ordre; 2° des « signes, comme, par exemple, des mots que nous ai- « mons à entendre ou à lire et qui nous rappellent cer- « taines choses, dont nous formons alors des idées sem- « blables à celles qui ont d’abord représenté ces choses « à notre imagination ; 3° enfin, des notions communes «et des idées adéquates que nous avons des propriétés « des choses. » (Même prop., sch. 2.)

Jusqu'ici l'accord est complet entre le spinozisme et l’empirisme actuel. Ici et là, toute idée est la représentation subjective et relative d’un fait ou d’un groupe de faits. Les idées particulières sont seules exactes ; les idées générales sont de purs symboles, des mots commodes pour réunir, dans des notions de plus en plus vides de contenu dailleurs, des groupes de plus en plus complexes.

Dans la Réforme de l’entendement, Spinoza exprime plus catégoriquement encore la même doctrine : « Il « nous est tout à fait nécessaire de tirer toutes nos idées «des choses physiques, Cest-à-dire des êtres réels, « sans passer aux choses abstraites et universelles, ni « pour en conclure rien de réel, ni pour Les conclure « de quelque être réel; car l’un et Pautre interrompent « la marche véritable de lentendement. » (Trad. Saisset. THE D. 3938:)

On ne peut dire plus fortement que l'expérience externe est la source unique de toutes nos idées.

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