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D'autre part, la possibilité n’est plus le néant; dire que l'univers est en puissance, c’est à dire qu'il préexiste dans une puissance capable de le produire. En elle l'univers possède, comme disent les théologiens, une éternité et une immensité participées, dont l'indéfini dans le temps et dans l’espace est la traduction, la manifestation extérieure. « Le temps, image mobile de l’immobile éternité, » disait Platon.
Mais déclarez l'infini, la cause première, l'acte créateur inconcevables, du coup, tout le reste devient inintelligible. Non-seulement la religion n’a plus de raison d'être. Qu'est-ce, en effet, qu’une religion sans culte, au moins intérieur, sans adoration, sans pensée ? Mais la science elle-même et sa dernière expression, l’évolutionisme, se réduit à un symbolisme vide de réalité mentale. La première partie des Premiers Principes de Spencer détruit la seconde, comme la Critique de la Raison pure détruit la Critique de la Raison pratique : VIncoanaissable absorbe le Connaissable.
Il est ass°z curieux que les objections les plus spécieuses contre la possibilité de connaître l'absolu et l’infini, Dieu en un mot, soient empruntées par Spencer à un théologien, M. Mansel.
Si spécieuses qu’elles soient, elles ne sont cependant pas insolubles. Bien plus, elles se retournent contre la théorie du Connaissable.
Quel est en effet le procédé de M. Mansel dans le passage cité? Il transporte dans l'absolu ce qui convient au relatif, et cela, sans y faire la correction nécessaire (1). Puis il conclut à l’absurdité d'une parville notion de l’absolu. Comment en serait-il autrement ?
Une cause, dit-il d’abord, ne saurait être absolue,
(1) V. L. I, ch. ur.