‹ Les théories de l'inconnaissable: Les degrés de la connaissanceChapitre 5 sur 43 · RECU · texte numérisé non relu

RECU

Éd

« semble à la sensation que nous en avons (1). » D’ailleurs la connexion de la Force et de la Matière est à la fois impossible à nier et impossible à concevoir. La ré- Sistance suppose une densité, et la loi de l'attraction inversement proportionnelle au carré de la distance, rend impossible toute densité définie (2).

La conscience elle-même est tout aussi inconnaissable (3). La conscience en effet nous est donnée comme une série de. modifications subjectives (4). Mais cette série ne saurait être infinie. Une quantité infinie est une contradiction. Elle n’est pas plus finie : les deux extrémités de la chaîne nous échappent. La série des modifications dans sa totalité est donc irreprésentable, par conséquent inconnaissable. Et nous ne pouvons pas plus Concevoir que percevoir, parce qu'en réalité les deux actes n'en-forment qu'un (5). La conscience suppose Changement d'état de conscience. Concevoir un premier ou un dernier état, c'est-à-dire un état qui ne serait pas la transformation d’un état antérieur ou qui ne se transformerait pas en un état postérieur, en un mot concevoir un commencement où un terme absolu implique contradiction.

La substance tout autant que l'étendue de la conscience est inconnue. Nous n’en pouvons nier la réalité. « Des < modifications supposent nécessairement quelque chose « de modifié; une impression implique nécessairement « l’existence de quelque chose d’impressionné. Comment

1) RG?

. Hypothétiquement, c’est-à-dire que, les conditions changeant, la densité change. Mais il y a toujours une densité, parce qu'il ya toujours des conditions données.

(3) Le positivisme anglais admet les états de conscience comme objet de science : c'est ce qui le distingue du positivisme français.

(4) Mème remarque que pour la force.

(5) Pure pétition de principe. Spencer se réfute lui-même plus loin.

Me

« le sceptique quia décomposé sa conscience en impres- « sions et en idées, peut-il expliquer qu’il les regarde « comme ses impressions et ses idées? Pourquoi l’in- « tuition de son existence serait-elle moins réelle que « les autres intuitions (1)? »

Toutefois la perception de soi est impossible, puisque toute perception suppose distinction d’un sujet et d’un objet, et que le moi ne saurait être à la fois sujet et objet (2).

Bref, « la personnalité dont chacun a conscience et « dont l'existence est pour tous un fait plus certain que « tous les autres, est une chose gw'on ne peut aucune- « ment connaître: la connaissance de la personnalité « est interdite par la nature de la pensée (3). »

En résumé, l’analyse rigoureuse des «idées dernières de la science, » temps, espace, matière, mouvement, force, conscience, personnalité, montre que cesont «des conceptions symboliques de l'ordre illégitime. » Bien « que la croyance à la réalité de leur objet soit inévi- « table, bien qu’elle soit établie, non-senlement par « l’accord de l'humanité et adoptée par tant de philo- « sophes, mais encore par le suicide de l'argument « sceptique, elle n’est pourtant pas justifiable devant la « raison : bien plus, quand la raison est mise en de- « meure de rendre un jugement formel, elle la con- « damne (4). »

(2 Nous examinerons cette objection, souvent réfutée.

(3) Ilest difficile de tomber dans une contradiction plus manifeste, au moment où l’on reproche aux théories adverses de se détruire par la contradiction.

Ainsi, la raison condamne la négation; la raison condamne l'affirmation. Comment échapper au scepticisme ? Kant, qui a posé, lui aussi, les antinomies de la raison, prétend en sortir à l’aide de l'impératif catégorique. Spencer ne s’est pas même donné cette ressource.

Ge À 1," Ould

pau ci PR MT V4 0

Page 1