SOULIERS
en paires
Le langage commun par lequel le beurre, le blé, les habits, les souliers, etc., nous expriment leur relation, est par les nombres 100, 60, 5, etc. Le nombre de livres de beurre de valeur égale aux boisseaux de blé, est exprimé directement par ces nombres = 100 : 60; tandis que la valeur du beurre par livre, par rapport au blé par boisseau, est inversement comme ces nombres = 60 : 100, et il en est de même pour les autres denrées. Le rapport du beurre au whiskey comme 35 : 100; d'une vache à l'or en onces comme 2 1/2 : ï, etc. Ceci est la seule expression possible des valeurs.
Mais on pourra arguer que, puisque les denrées ci-dessus ont
toutes une égale valeur d'échange, on peut toutes les exprimer
dans les termes d'une seule. Ainsi :
100 livres de beurre
60 boisseaux de blé . , ,,
^ , , . y = 2 1/2 onces d or.
5 habits '
10 paires de souliers, etc.
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Des économistes disent que c'est là élever les marchandises à leur forme de monnaie. On dit aussi que Tor est la forme monnayée des marchandises. De cette façon Ton conclut que Tor devient une mesure de la valeur parce que toutes les denrées peuvent être exprimées par des quantités définies d'or, et l'unité étalon de l'or est un étalon à l'aide duquel on mesure ces quantités. John Stuart Mill dit : « Nous pouvons définir une mesure de la valeur comme étant quelque chose à comparer avec deux autres choses quelconques, pour inférer leur rapport l'une avec l'autre. » (PoL Ec.) Supposons que nous désirions trouver le rapport d'échange entre les chevaux et les mulets. Afin de faire cette comparaison, il est à supposer que nous connaissons la valeur de chacun en termes d'or. (Incidemment nous dirons que les économistes n'expliquent pas pourquoi il est plus aisé de régler la valeur d'une denrée en or que dans les termes d'aiicune autre marchandise. Par exemple, pourquoi le rapport d'échange entre les chevaux et les mulets ne peut-il être découvert d'un coup au lieu de les comparer l'un et l'autre à l'or? La transmutation des mulets en or est-elle une opération plus simple que celle des mulets en chevaux?) Supposons qu'un cheval soit échangé contre dix onces d'or, et qu'une mule le soit contre une once d'or ; ainsi la valeur des chevaux à celle des mules est comme lo à i.
Ce n^est donc pas Vor qui exprime la valeur, mais le rapport ENTRE LE NOMBRE d'onces. En d'autres mots, c'est le rapport entre les deux quantités indépendantes de la substance. La valeur des chevaux par rapport aux mulets ne peut jamais être déterminée en apportant près d'eux une quantité d'or comme unité. Il est évident que la fonction remplie ici par l'or peut être remplie par toute autre chose, pourvu qu'elle soit échangeable. Ainsi, au lieu de dix onces d'or, nous pourrions écrire trois cents boisseaux de blé, et au lieu d'une once d'or, trente boisseaux. La valeur des chevaux relativement à celle des mulets est alors exprimée, non en termes de blé, mais par les nombres 3oo : 3o, Ce choix d'une denrée à laquelle toutes les autres sont comparées, peut constituer celle-ci, dans un certain sens, comme une marchandise étalon, mais elle ne peut jamais être ni un étalon, ni une mesure des valeurs.
Par exemple, si notre savoir est limité au rapport de l'or
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avec les mulets, nous sommes aussi loin que jamais de connaître le rapport des mulets avec les chevaux. Posons la question sous forme d'un simple problème. Etant donné un cheval, un mulet et une quantité définie d'or, on demande de trouver la valeur du cheval en termes de mulet. On peut dire que pas un économiste, jusqu'à présent, n'a été trouvé capable de résoudre ce problème.
Un étalon de mensuration qui manque à sa fonction de mesurer est un phénomène que la science ne peut reconnaître. L'usage d'une denrée comme l'or ne convient simplement qu'à apprécier et à ranger d'autres marchandises les unes au-dessus des autres à un moment déterminé. Mais cela ne peut faire de l'or un étalon de la valeur. Il est simplement une marchandise étalon au moment où fut faite V appréciation, l'arrangement. Aucune denrée ne peut continuer longtemps à servir d'étalon, sans désorganiser de temps en temps toute la série des prix, puisque aucune denrée n'est ou ne peut être exempte de fluctuations. Désormais, une comparaison des prix à deux époques différentes ne donne aucune indication ni sur la fluctuation de la denrée sur laquelle les prix ont été établis, ni sur celles dont les prix ont été comparés. L'or est reconnu comme étalon parce qu'on le suppose plus stable que d'autres denrées. Mais, comme nous l'avons vu, l'or varie considérablement comme toutes les autres espèces de marchandises. L'erreur que les économistes ont faite est de supposer que la denrée qui fut choisie comme point de comparaison aux autres, à une époque déterminée, est im étalon perpétuel à toutes les époques et en tous les lieux.
Ce qui, à l'origine, fut demandé à une marchandise étalon, était de permettre à la société d'exprimer les valeurs numériquement en les comparant toutes à une seule. Ainsi, quand il fut trouvé que les marchandises s'échangeraient pour certains poids d'or, il fut extrêmement facile et commode d'exprimer les valeurs des marchandises et de les classer les unes au-dessus des autres en se servant de Vor simplement comme de leur arithmétique. Mais ceci une fois accompli, Tor ne fut plus nécessaire. Le langage des marchandises fut créé aussitôt que leurs rapports (relationship) furent établis en termes de quantités (soit de poids, soit de volume) de toute espèce de marchandises, soit or, argent, blé ou n'importe quoi ; et si, à partir de ce moment, les
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prix avaient été établis sans conserver la marchandise étalon pour des comparaisons, des évaluations successives, nous aurions eu une méthode absolue par laquelle les variations dans les prix des denrées toutes ensemble ou séparément eussent été correctement enregistrées, y compris les variations de la marchandise étalon elle-même.
Une marchandise ne peut être considérée comme étalon qu'à un moment particulier . Entre ce moment et un suivant, un changement dans Toffre, dans la demande peut survenir, et par conséquent ses rapports avec d'autres denrées ou, en d'autres termes, sa valeur change. Une explication rendra ceci plus clair. Imaginez un nombre de ballons se mouvant en avant et en montant, les mouvements de chacun étant irréguUers, si bien que leurs positions respectives changeront constamment. Si nous désirons tracer les mouvements respectifs de chacun, nous devons le faire d'un point fixe sur la surface terrestre. Si nous essayions de décrire ces mouvements d'un point également mouvant, — d^une voiture de chemin de fer, par exemple, — il serait impossible de le faire avec quelque exactitude ; et si nous étions dans un de ces ballons et si nous en faisions l'étalon de position, nous ferions pratiquement ce que fait maintenant le monde commercial en traitant la monnaie comme ime marchandise particulière. Nous sommes incapables de déterminer si notre ballon a avancé ou si c'est un autre qui»a reculé.
Beaucoup, à la vérité, ont pensé qu'un étalon fixe de compensation, qui ne fût soumis aux plus légères variations, est impossible. L'or ayant été choisi, les économistes s'imaginèrent que les dangers d'un cours variable seraient réduits au moins possible en adoptant cettç marchandise peu sujette aux variations; mais l'erreur, comme je l'ai dit, fut de supposer qu'il était nécessaire d'avoir une marchandise qui fût un étalon par elle-même (per se) à toutes les époques.
Toute marchandise peut servir à déterminer les prix à une époque particulière, aussi longtemps que Ton connaît ses relations d'échange avec d'autres. Une unité absolue, invariable, sur laquelle les prix peuvent être établis, peut être obtenue en estimant les marchandises dans les termes de Vune d'entre elles à une certaine époque et jamais après. Par exemple, si l'or était choisi conmie marchandise étalon au 3i décembre 1894, et que
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ce soi-disant <c étalon de la valeur » fût immédiatement aboli, les valeurs des denrées seraient toutes exprimées en nombres qui représenteraient autant de grains d'or pour ce jour particulier. Il importerait peu que Tor subît des fluctuations après cela, il ne pourrait avoir la faculté d'affecter les prix des autres marchandises. Ses propres fluctuations seraient enregistrées en monnaie basée sur un tel système.
Il ne faut pas oublier que Tusage d'une marchandise, pour établir l'échelle des valeurs des marchandises, ne peut constituer cette marchandise en aucune façon comme un « étalon de la valeur », puisque, comme nous l'avons vu, la valeur est une relation abstraite. Tout ce qu'une telle denrée peut faire est de nous aider à constater la relation des marchandises en devenant un étalon de comparaison. Une fois ces relations réglées et exprimées, cette denrée cesse d'être un étalon.
Ce sujet sera plus complètement traité plus loin.
Pour vider la question avec les avocats de « l'étalon de la valeur », nous pouvons la poser ainsi : « La valeur est-elle la propriété ou la qualité des marchandises, ou est-elle simplement une relation abstraite entre elles ? » Dans le premier cas, Tor peut être considéré justement « un étalon de la valeur ». S'il est vrai — comme tous les économistes l'affirment — que la valeur est simplement une relation entre des choses échangeables, alors elle'ne peut êti;e exprimée qu'en termes abstraits, c'est-à-dire en nombres.
En somme donc, une mesure étalon des valeurs est une impossibilité physique. D'abord, parce que les valeurs, comme les rapports, ne sont susceptibles que d'expression, non de mesure. Secondement, parce que la valeur ne peut être exprimée que par deux quantités. Une seule quantité est donc incapable d'exprimer une relation. Troisièmement, la valeur étant la relation d'échange entre les marchandises, et cette relation étant quantitative, les valeurs ne peuvent être exprimées que par des nombres, et non par des substances. Il est par conséquent physiquement impossible qu'il existe un étalon de la valeur, et le terme est justement aussi absurde et dépourvu de sens que pourrait l'être un « étalon de l'égalité ».
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§ 3. — Le pouvoir d'achat.
Jusqu'à présent, les termes valeur et pouvoir d'achat ont été employés comme synonymes, à la grande confusion de la science, et nonobstant le fait qu'ils embrassent des conceptions tout à fait différentes. La valeur est la relation existant entre deux marchandises échangeables, et est exprimée par un simple rapport de deux nombres ou de deux quantités. Le pouvoir d'achat est le pouvoir d'une marchandise dans l'échange, et est exprimé par un seul nombre ou une seule quantité, La valeur ne peut être exprimée que par deux nombres ou deux quantités; le pouvoir d'achat est exprimé par un seul. On ne peut mesurer la valeur; le pouvoir d^ achat peut Vêtrc. Il ne peut y avoir une unité invariable de la valeur ; il peut exister une unité invariable du pouvoir d'achat. Rien ne possède de la valeur, mais on peut dire que toutes les marchandises ont un pouvoir d ^ achat. Le crédit d'un homme est son pouvoir d'achat; nous ne parlons pas de sa valeur.
Nous pouvons établir une analogie entre le pouvoir d'achat et le potentiel adopté en mécanique. On dit qu'un corps a de l'énergie potentielle quand il est placé au-dessus d'autres objets (i, e,), il a un pouvoir potentiel par rapport à tout autre objet ou point au-dessous de lui. Une pierre jetée en l'air perd graduellement l'énergie initiale qui lui a été communiquée par la force qui la projeta en l'air, mais cette énergie actuelle est graduellement convertie en énergie potentielle, cette dernière augmentant avec la perte de la première jusqu'à ce que l'énergie initiale soit transformée entièrement en potentielle, à son plus haut point. Ainsi, l'énergie potentielle est un avantage de position. Maintenant, dans le monde commercial, les marchandises ont des relations différentes l'une envers l'autre, relations qui changent constamment. Les marchandises ont continuellement des élévations et des abaissements de prix, changements qui sont analogues au changement d'altitude en mécanique. Avec chaque baisse il y a perte, et avec chaque hausse gain, dans le pouvoir d'achat, justement comme avec un corps tombant ou montant dont l'énergie potentielle diminue et augmente. Le pouvoir d'achat, contrairement à la valeur, est capable d'être
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de Tabsurdité. « Cette objection est si palpable, écrit Francis-A. Walker, que plusieurs écrivains qui adhèrent encore au terme mesure de la valeur, abandonnent celui de étalon de la valeur. »
Et il dit encore : « La valeur est une relation et par conséquent ne peut être mesurée, mais seulement exprimée ou exposée. »
Macleod dit : « Il est aussi bien d'expliquer ce que ces économistes veulent dire en cherchant un étalon invariable de la valeur. Si nous avions un yard anglais et quelques autres mesures étrangères de longueur devant nous, nous pourrions à la fois percevoir la différence entre elles ; et si Ton nous parlait du mesurage de bâtiments étrangers, cependant éloignés comme époque et comme pays, nous pourrions, par un très simple calcul, les réduire à l'étalon anglais de mesurage et les comparer avec les dimensions de nos propres constructions. Ces économistes qui ont besoin d'un étalon invariable de la valeur, manquent d'une simple marchandise quelconque, par laquelle ils puissent comparer la valeur des autres choses dans tous les pays et à toutes les époques.
» Mais la moindre réflexion montrera qu'un tel étalon est absolument impossible par la nature même des choses... Si une quantité d^or était placée à côté d'un nombre d'autres choses, il n'y a pas de sens humain qui pourrait discerner quelle pourrait être leur valeur. Et les changements les plus violents dans leurs valeurs pourraient se produire sur le marché sans qu'il y ait aucim signe visible d'une telle chose.
» Les valeurs ne sont pas perceptibles par une démonstration oculaire, mais elles doivent être déclarées par les communications entre les esprits. De plus, il n'est pas possible de préciser les différentes valeurs des différentes quantités d'or obtenues à des époques et dans des pays différents...
» Le seul critérium de la valeur est un échange, et à moins que nous ne puissions effectuer un échange, il ne peut y avoir aucune valeur. Comment pouvons-nous échanger une once d'or en l'année i88 de l'ère chrétienne avec une once en l'année i588, ou avec une autre en l'an 1888? »
Bailey dit aussi : « La valeur est une relation entre des marchandises contemporaines, parce que celles-là seulement sont admises à l'échange l'une avec l'autre ; et si nous comparons la
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valeur d'une denrée à un moment avec sa valeur à un autre moment, c'est seulement une comparaison avec la relation qui existe à ces différents moments avec quelque autre marchandise. Ce n'est pas une comparaison de quelque qualité intrinsèque, à une époque avec la même qualité à une autre époque, mais une comparaison de rapports^ ou une comparaison des quantités relatives dans lesquelles les denrées s'échangent entre elles à deux époques différentes... Il est impossible, pour un rapport direct de valeur, d'exister entre A en loo et A en 1800, justement comme il est impossible, pour un rapport de distance, d'exister entre le soleil à la première période et le soleil à une dernière période. »
Macleod observe plus loin : « Un étalon de valeur invariable est en lui-même absolument impossible par la vraie nature des choses, parce que la valeur est un rapport, et qu'une simple quantité ne peut être la mesure d'un rapport. Une mesure de longueur ou de capacité est une simple quantité et mesure d'autres simples quantités, telles que différentes longueurs ou capacités. Mais la valeur est un rapport, et il est impossible, par la nature des choses, qu'une simple quantité puisse mesurer un rapport. Il est impossible de dire que a : b :: x. Il est manifestement absurde de dire 4 : 5 :: 8 : sans dire comme 8 est à quoi, justement comme il est absurde de dire qu'un cheval galope à raison de vingt milles sans dire en quel temps.
Mais on peut faire la question : <c Comment expliquez-vous l'universelle créance donnée à ce qui est dénommé par le terme étalon de la valeur? Macleod pense que la réponse doit être trouvée dans la cause qui donna lieu à l'usage de ce malencontreux terme a valeur intrinsèque », c'est-à-dire une croyance que la valeur est une propriété ou une qualité des marchandises. Elle est due, dit-il, à l'acceptation générale de la doctrine erronée que le travail est la cause de la valeur, et que la valeur d'un objet est par conséquent la quantité de travail quHl renferme ou appliquée à l'obtenir. A citer une fois déplus : « Que c'est principalement à Smith et à Ricardo qu'est due cette malheureuse confusion des idées, entre la valeur considérée comme une quantité de marchandise qu'une autre marchandise peut acheter et la quantité de travail comme incorporée dans la marchandise elle-même, confusion qui non seulement a
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Son point de départ est en ceci : la valeur d^ échange n'est pas une propriété inhérente aux marchandises échangées, elle n'a rien de substantiel, elle n'exprime aucune innéité. Elle est conçue en dehors de toutes les théories économiques et socialistes d'après lesquelles le travail incorporé aux produits est à la fois \^ fondement et la mesure de leur valeur échangeable.
La valeur n'exprime qu'un rapport entre les choses livrées à l'échange, elle est une relation entre les quantités de marchandises échangées les unes contre les autres, elle exprime combien de l'une d'elles s'échange contre une quantité donnée d'une autre.
De cette notion de la valeur l'auteur déduit l'impossibilité, non seulement d'un étalon, mais de toute mesure de la valeur.
\J étalon^ c'est l'unité de mesure invariable de la valeur; la mesure^ en général, c'est une quantité donnée d'une certaine substance matérielle, concrète.
Dès lors que la valeur n'est plus donnée par un élément ou un caractère inhérent à la marchandise, tel que le travail, il est impossible de concevoir une unité invariable et inflexible à laquelle on ramène dans tous les temps et tous les lieux l'expression de toutes les valeurs.
Il est semblablement impossible que même à un moment donné une substance mesure un rapport entre deux ou plusieurs substances. Il est d'ailleurs acquis que toutes les substances auxquelles ce rôle a été assigné ont varié historiquement de valeur.
On exprime donc un rapport de valeur, on ne le mesure pas par un élément objectif, matériel, et la valeur reste la relation entre des quantités de marchandises ramenées à une unité physique et échangées l'une contre Tautre. C'est un rapport entre des quantités et qui ne peut être que numériquement exprimé, par le nombre d'unités physiques de l'une que l'on obtient en échange d'un certain nombre d'unités physiques, ou de l'unité physique d'une autre.
Mais le pouvoir acquisitif d'une marchandise n'est pas identique à la valeur; pendant que la valeur d'échange s'exprime par le rapport de deux quantités, de deux nombres, on peut concevoir le pouvoir acquisitif de l'une d'elles à l'égard des autres conmie ramené à une certaine unité, comme socialement commensurable. Supposez que l'on établisse les rapports de
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valeur entre les différentes quantités de produits divers qui peuvent s'échanger les unes contre les autres. On pourra ramener les nombres à leur plus petit multiple commun et alors le pouvoir d'achat de chacun d'eux pourra s'exprimer par le nombre alunites que donnera ce calcul.
Ce seront de pures unités numériques exprimant simplement les nombres proportionnels selon lesquels les produits considérés sont échangeables ; mais on pourra dire que le pouvoir d'achat de chacun d'eux s'exprime à un moment donné par le nombre d'unités que le calcul a fourni. On peut suivre les variations de ces pouvoirs d'achat en construisant, d'une manière continue, des tables analogues à celles que fournissent les index numbers et dont les mercuriales donnent les éléments.
Tel est l'enchaînement des idées de Tauteur.
Voici maintenant que nous pénétrons dans le domaine de la monnaie proprement dite.
La fonction monétaire sera conçue indépendamment de toute substance monétaire : c'est l'association de hi fonction monétaire et d'un élément matériel qui a fait naître les difficultés inextricables, les confusions funestes, les antagonismes dans lesquels nous nous agitons, et où le travail ne réussit pas à se dégager de V étreinte des détenteurs de la monnaie métallique. Pendant que par l'association de la fonction monétaire avec une substance monétaire on aboutit à considérer une demi-transaction comme une transaction entière, et à admettre la libération sociale de toute dette par le paiement de la monnaie matérialisée, la dissociation définitive de cet organe matériel et de la fonction monétaire montrera que cette fonction n'est socialement accomplie, et parfaite, et toute dette réellement éteinte, que par l'échange des produits ou des services contre des produits ou des services.
. Telle est l'idée directrice du chapitre qui suit.
§ I. — La monnaie.
L'argent est la seule puissance devant laquelle toute l'humanité s'incline.