‹ Les théories de M. LoisyChapitre 100 sur 235 · Cf. Lepin, Christolo^le, 1908, p · texte numérisé non relu

Cf. Lepin, Christolo^le, 1908, p

EXAGÉRATIONS ET MEPRISES 151

pas réglé d'avance la constitution de l'Eglise comme celle d'un gouvernement établi sur la terre, et destiné à s'y perpétuer pendant une longue série de siècles^ » et il ajoute : « J'ai donc affirmé que Jésus n'avait pas fondé lui-même la constitution de l'Eglise catholique, mais un rudiment de société, qui est devenu l'Eglise. On me fait dire que Jésus aurait institué l'Eglise comme une société qui ne devait pas durer : assertion dénuée de sens^. »

Or, cette imputation est sans fondement et résulte d'une déformation véritable que le commentateur fait subir au texte. La proposition porte, en effet, que Jésus /i'«ttrfl/^/>a5 institué l'Eglise telle qu'elle est conçue traditionnellement, c'est-à-dire comme une société destinée à durer sur la terre; elle n'exprime pas du toutque« Jésus auraitinstituéVEglise comme une société qui ne deçait pas durer ». L'assertion « dénuée de sens » est donc à mettre simplement sur le compte de l'interprète.

Si l'on voulait être sévère pour l'écrivain grincheux, n'aurait-on pas beau jeu de lui reprocher durement ces méprises, ces exagérations, ces erreurs, dont il serait facile de trouver d'autres exemples, et qui ne laissent pas de surprendre fort de la part d'un critique aussi exigeant?

Ne pourrait-on pas aussi le railler pour n'avoir pas su retrouver, dans ses propres ouvrages, le texte auquel correspond la proposition xxviii : « Jésus, quand il exerçait son ministère, ne parlait pas en vue d'enseigner qu'il était le Messie, et ses

miracles ne tendaient pas à le démontrer » ? L'auteur des Simples réflexions renvoie à une page de VEvangile et l'Eglise^, qui s'harmonise d'assez loin avec la proposition en question; il ne se souvient plus de ce passage d'Autour d'un petit livre^, qui y correspond littéralement : « Au cours de son ministère, Jésus ne parlait pas pour enseigner sa qualité de Messie, et les miracles qu'il faisait n'étaientpaspour la démontrer^. »

M. Loisy était donc peu autorisé à parler d'un « impartial examen » des documents pontificaux, conduit avec la méthode d'une « sincère et judicieuse critique ». En somme, les distractions singulières, les libertés plus ou moins conscientes, les transformations de conclusions relatives en principes absolus, les abus de raisonnement conduisant à des déductions fausses ou excessives, tout cela paraît moins devoir être imputé aux théologiens romains qu'à leur censeur si méprisant.

Les nouvelles affirmations du critique

Cependant, la chose particulièrement grave est que, malgré certaines apparences, M. Loisy ne retire absolument rien des thèses avancées dans ses précédents ouvrages; s'il chicane sur l'exactitude avec laquelle les rédacteurs pontificaux ont reproduit sa pensée, il ne cherche pas le moins du monde à répudier ce que ses théories ont réellement de

1. L'Evangile etVEglise, 2'^édit.,p. 17. Simples réflexions, p. 69

Page 1