‹ Les théories de M. LoisyChapitre 105 sur 235 · Op. cit., p. Si · texte numérisé non relu

Op. cit., p. Si

pas d'approuver la proposition xlv, qui nieThistoricité du récit que saint Paul fait de son institution; il en vient à prélendre que les paroles mêmes des Synoptiques : « Ceci est mon corps », « ceci est mon sang », nesontpasparolesauthentiquesdu Sauveur. i< Je suis revenu sur ce sujet, déclare-t-il, dans plusieurs articles de revues, depuis la publication d'Autour d'un petit livre ^Qt j'ai cru pouvoir affirmer que ni les paroles : « Ceci est mon corps », ni les paroles : « Ceci est mon sang », n'appartenaient à la tradition primitive sur la dernière cène. Jésus a seulement présenté le pain et le vin à ses disciples, en leur disant qu'il ne mangerait ni ne boirait plus avec eux désormais que dans le festin du royaume des cieux^ »

Enfin, dans son commentaire de la proposition xxiii le critique s'explique, plus catégoriquement encore qu'il ne l'avait fait jusqu'ici, touchant l'opposition entre l'histoire et les dogmes de l'Église, ou, comme il préfère s'exprimer lui-même, « entre l'interprétation historique des textes et l'emploi que faitdeceux-cil'Eglisepourfonderson dogme ». « Par exemple, dit-il, les récits de la naissance de Jésus, dans Matthieu et dans Luc, sont regardés à bon droit par les critiques comme entièrement fictifs; et cependant l'Eglise, pour maintenir son dogme de la conception virginale en vérité de fait, est obligée de les tenir pour certains. Cet état de choses est assurément très fâcheux pour l'Eglise catholique; mais le critique n'y peut rien, et l'on ne voit pas comment il pourrait faire pour ne pas constater

qu'un mythe est un mythe, une légende unelégende, ni de quel droit on lui interdirait de ne pas divulguer ce qu'il a constaté. Le critique croit voir en toute clarté que l'enseignement de l'Eglise n'a pas le caractère d'absolue vérité qu'elle veut lui attribuer. C'est à l'Eglise de montrer ses titres, d'établir qu'elle a raison contre l'évidence, et que son dogme est historiquement vrai, bien qu'il manque de preuve historique'. »

A ce propos, ï Auteur d'Autour d'un petit li^'rediyAit paru dire que ce qui n'était pas prouvé positivement par l'histoire pouvait néanmoins être regardé comme vrai par la foi; et nous avons eu soin de remarquer tout ce que cette façon de parler avait de suspect-. Les Simples ré/lexions justifient pleinement cette impression de défiance. On y lit, en effet, à la suite de la page citée : « Je dois néanmoins savoir gré à la S. Congrégation de ne m'avoir pas imputé cette ineptie, qui court déjà les manuels de théologie, et que des personnes graves, qui ne m'ont point lu, déclarent ne pouvoir prendre en considération : qu'il y aurait deux vérités contradictoires sur le même objet, une pour l'historien, et l'autre pour le théologien. Deux vérités ne sont pas la vérité, disait naguère un homme très profond. Aussi bien n'en ai-je jamais admis qu'une, et ce qui m'est démontré faux en histoire, je le tiens pour faux partout. Mais une égende ou un mythe peuvent signifier une vérité religieuse, exprimer un sentiment moral. En cela ils sont vrais, et c'est décela

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