Ibid. y p. 243, et note
rant ses miracles en preuve de cette dignité messia nique.
« Jésus a guéri beaucoup de démoniaques; mais les évangélistes, et Marc le premier, ont exploité ces guérisons en témoignage direct de sa messianité : ce sont les démons qui ont reconnu d'abord le Fils de Dieu sur la terre. Cette façon de tourner les miracles en preuve existe tout autant pour les autres genres de guérisons, bien qu'elle ait été moins remarquée. L'histoire du paralytique semble avoir été racontée d'abord comme un miracle de la foi; elle devient un argument messianique, et dans la bouche de Jésus lui-même, par la revendication pour le Fils de l'homme, c'est-à-dire pour Jésus déclaré Christ, du pouvoir de remettre les péchés ^. »
C'est encore la légende ou l'idéalisation symbolique qui a inspiré « la scène messianique, désignée communément et à tort sous le nom d'entrée triomphale à Jérusalem, et qui est la manifestation du Messie sur le mont des Oliviers^ ».
Enfin, tandis que la première tradition rattachait le sacre messianique à l'événement de la résurrection, qui, en faisant passer le crucifié dans la gloire immortelle, l'avait établi Messie et Seigneur, on en vint peu à peu à anticiper la consécration du Christ au cours même de sa vie. De là le récit actuel de la transfiguration. « Rien n'est plus facile à entendre » que ce récit, « si l'on suppose qu'il a été conçu d'abord comme la révéla-
1. Les Evangiles synoptiques, l. I, p. 183. Cf. ci-dessus, p. 152.