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tion, faite aux principaux apôtres, de l'exaltation de Jésus dans la gloire qui correspondait à sa vocation'' »; « s'il a son origine dans une vision du Ressuscité, il a été exploité pour l'élaboration messianique de l'Évangile, et, dans sa forme traditionnelle, il n'a pas été recueilli de la bouche des apôtres qui y ont part^. »
De là aussi le caractère propre des narrations qui concernent le baptême, la tentation, et même la naissance du Sauveur. « Dès que la manifestation messianique de Jésus était anticipée dans son ministère, il était indispensable qu'on en marquât le début, et il importait que ce début fût significatif. Par là s'expliquent la mise en scène du baptême et l'interprétation chrétienne des rapports que Jésus avait eus avec Jean. »
« Celui-ci prêchait le baptême de repentance en vue du royaume qui allait arriver. Jésus vint, comme beaucoup d'autres, se faire baptiser dans le Jourdain... La démarche de Jésus... devenait plutôt un embarras pour la foi grandissante, si on n'en relevait la signification. Il fut admis que le baptême de Jésus par Jean avait été vraiment le baptême du Christ, sa consécration messianique par la descente de l'Esprit divin, qui s'était dès lors emparé de lui. Par une adaptation facile de ce que le Baptiste avait réellement enseigné, on lui fit annoncer le Messie au lieu du royaume, ce qui faisait de lui le précurseur du Christ, et l'on supposa bientôt qu'il avait vu l'Esprit descendre sur Jésus, ou bien même
i. Les Evangiles synoptiques, p. 184; cf. t. II, p. 30. 2. Ibid.
qu'il n'ignorait pas sa qualité de Messie avant de le baptiser, et que la démarche du Sauveur était pour l'édification commune. »
« L'anticipation du sacre messianique entraîna celle de la tentation du Christ. Il était admis que le jMessie devait lutter contre Satan et le vaincre... Il fut reconnu d'abord que la bataille suprême d'où il était sorti victorieux était la mort. Mais, si on le considérait comme Christ dès le baptême, on devait lui ménager aussitôt une rencontre avec le démon. De là cette grande scène de la tentation au désert, où les perspectives apocalyptiques et un sentiment très juste du véritable caractère de l'Evangile ont contribué au développement d'une donnée traditionnelle beaucoup plus simplet »
Plus tard, et comme au dernier slade de révolution, « la consécration messianique » fut « reportée à la conception même de Jésus ^. »
C'est ainsi que Ies« deuxpoints », déclarés d'abord assurés en histoire, « contredisent et annulent », suivant l'expression de M. Loisy, « la plupart des indications explicites qui se rencontrent maintenant dans les textes ». Jésus ne se considérait pas comme « Messie en acte » au cours de sa carrière terrestre, et il ne s'est déclaré « Messie en expecta'ive » que sur la fin de sa vie.
Quant à l'origine de sa conscience messianique, le critique convient qu'elle n'est pas à placer dans