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miraculeux se rattachait au nom de Nain. » « Du moins doit-on reconnaître que ce fait ne présentait pas, dans la tradition, la consistance des miracles communs aux trois Synoptiques. Le caractère de la rédaction porte à croire que Luc n'a pas trouvé le récit tout rédigé,... mais qu'il aura exploité et développé une simple indication de la tradition orale, ou d'un document écrit non primitif, afin de montrer en Jésus le maître de la vie, qui ressuscite Israël dans l'Eglise, et qui conduit les hommes à l'immortalité. ))
Au point de vue de l'évangéliste, « la veuve désolée représente la fille de Sion, Jérusalem, menacée de perdre Israël, son fils unique, et le perdant en effet, pour le recouvrer miraculeusement par la puissance de Jésus. Grâce à lui, les promesses de Dieu ne sont pas vaines, et la mère qui a pleuré son fils mort peut le voir encore vivant. » « La réflexion sur le bruit que fait le miracle en Judée et même au dehors... doit être en' rapport avec l'interprétation allégorique du fait. C'est beaucoup moins la résurrection d'un jeune homme de Nain que la naissance du christianisme, qui a fait tant de bruit en Judée et au dehors ^ »
La résurrection de la fille de Jaïr, mêlée à la guérison de l'hémorrhoïsse, se rapporte également à un fait réel, mais qui dans nos narrations présentes se trouve considérablement transformé. « Dans la pensée des évangélistes, il s'agit d'une mort réelle, mais passagère, on pourrait presque dire guérissable, et qui, pour cette raison, doit plutôt être appelée
LES MIRACLES ÉVAXGÉLIQUES 189
un sommeil qu'une mort. » « La mort de la fille de Jaïr ne peut plus être vérifiée; elle ne l'a jamais été par une constatation rigoureuse; l'hypothèse d'une mort apparente, longue syncope ou léthargie, estla seule admissible et peut s'autoriser des paroles du Sauveur'. »
Jésus défend de raconter ce qui est arrivé. C'est, sans doute, « pour qu'on ne fasse pas bruit du miracle, et qu'on ne le prône pas comme une résurrection ». Néanmoins, « il faut avouer qu'une difficulté résulte, pour l'historien », de cette « recommandation du silence », qui, malgré tout, « n'est pas naturelle, et pourrait faire suspecter la réalité du fait. Après la transfiguration, l'on retrouvera la même recommandation adressée aux mêmes disciples; et l'on verra plus loin, par la critique des autres récits où figurent Pierre, Jacques et Jean, que la mention des trois apôtres n'est pas une garantie d'historicité. Une tradition comme celle qui a pour objet les miracles de Jésus est inévitablement légendaire. Tout ce qu'on peut dire sur la guérison de l'hémorrhoïsse et la résurrection de la fille de Jaïr, c'est que ce ne sont probablement pas des mythes, et que les récits procèdent d'incidents réels ^. »
Quant aux prodiges censés accomplis sur la nature inanimée, quelques-uns peuvent aussi procéder de faits réels, mais grossis et transformés; ce que les uns et les autres contiennent d'essentiellement miraculeux ne peut provenir que de l'idéalisation légendaire ou symbolique.