Ibid., p. l'J
k. Ibid.
tîon se persuadèrent qu'il avait été sacré Messie au moment de son baptême^. » On ne s'en tint pas encore là. « La foi commune exigeait un symbole plus concret, avec une date précise. Fils de Dieu et Dieu, le Christ avait dû naître de Dieu, sans la participation de l'homme^. » Alors fut appliquée au Sauveur l'idée de la conception virginale.
« Cette idée paraît avoir été étrangère à la source de Luc^. » Elle figure, au récit de l'annonciation, dans les deux versets qui contiennent l'objection de la Vierge et la réponse de l'ange ''; mais on peut supposer que ces deux versets ont été surajoutés à un document primitif d'où l'idée de la naissance miraculeuse était absente^. « Comme les deux généalogies », ces récits primitifs avaient été « conçus d'abord pour prouver la messianité de Jésus, par son origine davidique du côté de Joseph, aaronique du côté de Marie, en montrant la réalisation des prophéties dans les conditions de sa naissance. L'idée de la conception virginale est venue plus tard^. »
D'où est venue cette idée même de la conception miraculeuse, et comment s'est-elle introduite dans nos Evangiles ? Elle a « dû préexister » au récit de Matthieu; bien plus, « elle doit être antérieure à l'application du texte d'Isaïe, qui la suppose plutôt qu'elle ne l'a suggérée » ; mais « il est impossible
1. Les Evangiles synoptiques, 1. 1, p. 103- 196. Cf. ci-dessus, p. 170.