Ibid
16 l'évangile et l'église
que, lorsqu'ils moururent, ils ne se doutaient pas qu'ils eussent légué un maître à César, ni même qu'ils eussent donné un chef suprême à l'Eglise. La pensée du grand avènement était trop puissante sur leur esprit, les questions de symbole et de gouvernement leur étaient trop peu familières, pour qu'ils vissent dans Rome et l'Eglise romaine autre chose que le centre providentiel de l'évangélisation chrétienne^. »
Mais les Eglises particulières ne tardèrent pas à sentir, et de plus en plus, le besoin de l'unité générale. A cette unité il fallait « un centre qui supportât, en quelque sorte, l'effort de la tendance universelle et garantît le concert des Eglises en le rendant visible et régulier. Ce point de rencontre, ce cheflieu de l'unité ecclésiastique était indiqué à la fois par les plus grands souvenirs chrétiens et par la situation politique de l'empire^. » Par la force des choses, l'évêque de Rome acquit la prééminence entre les évêques, comme l'évêque l'avait obtenue entrelespresbytres. Pierre et Paul « avaient fait de Rome le chef-lieu de l'Evangile » ; les circonstances firent de l'Eglise romaine «la mère et la reine des Eglises du monde entier^. »
Avec le temps, cette Eglise « a pris des airs d'impératrice », « elle a voulu donner des formes juridiques, on pourrait dire constitutionnelles, à sa prééminence et à son action » : c'est encore « par l'effet d'un mouvement général qui, depuis les origines,