Ibid., p
LE DOGME ET l'ÉVA.NGILE 17
poussait l'Eglise à s'organiser en gouvernement^ » « Il était nécessaire que l'Eglise devînt un gouvernement, sous peine de n'être plus », et « le gouvernement, dans une Eglise une et universelle, ne se conçoit pas sans une autorité centrale*. »
Ainsi, l'Eglise, bien qu'en dehors des prévisions de Jésus, « naquit et dura par le développement d'une organisation dont les linéaments étaient tracés dans l'Evangile''. » « La perspective du royaume s'est élargie et modifiée, celle de son avènement définitif a reculé, mais le but de l'Evangile est resté le but de l'Eglise^. » C'est la société des disciples du Christ, agrandie, transformée, adaptée aux nécessités progressives de son existence dans un monde qui s'obstinait à durer. On peut dire qu' « elle a dû être ce qu'elle a été, car elle a été ce qu'elle avait besoin d'être pour sauver l'Evangile en se sauvant elle-même^. » « Reprocher à l'Eglise catholique tout le développement de sa constitution, c'est donc lui reprocher d'avoir vécu, ce qui pourtant ne laissait pas d'être indispensable à l'Evangile même®. »
C'est d'une manière analogue que M. Loisy prétendait rattacher le développement de tout le dogme chrétien à l'Evangile, tout en posant en principe i que Jésus ne s'était pas déclaré autre chose que le l Messie, qu'il n'avait pas attribué une valeur rédemp- I