Ibld., t. 1, p
LA RÉSURRECTION 2l7
théâtre des premières apparitions du Christ et berceau de la foi apostolique ^ »
« On peut en dire autant de ce que Matthieu raconte touchant la garde du tombeau et les calomnies des Juifs sur le fait de la résurrection; et la même remarque sans doute a lieu de s'appliquer déjà aux récits de Marc touchant la sépulture de Jésus et la découverte du tombeau vide^. «
Le rédacteur du premier Evangile « a pensé ruiner les objections des Juifs dans le récit des gardes mis près du tombeau par les prêtres, et soudoyés pour accuser les disciples, en taisant ce qu'euxmêmes avaient vu^. » L'accusation d'avoir enlevé le corps de Jésus a dû être formulée assez tardivement. « 11 semble que les conditions dans lesquelles s'affirma d'abord la foi à la résurrection de Jésus ne permettaient pas à cette accusation de se produire, et qu'on se contenta longtemps de nier ce qu'affirmaient les disciples. Comme ceux-ci avaient quitté précipitamment Jérusalem, sans savoir même ce qui était advenu du corps de Jésus crucifié, on ne put songer d'abord à les accuser de l'avoir pris, d'autant qu'ils n'alléguaient en preuve de la résurrection que les apparitions du Christ et les textes bibliques. L'accusation n'a pu être formulée qu'après que la preuve du tombeau vide eut été mise en circulation. La réponse de Matthieu est en rapport avec l'accusation, et n'a pas plus de réalité''. »