Ibid., t. IJ, p
«La découverte du tombeau vide, le surlendemain de la passion, était déjà un expédient de controverse^ » Ce que le second Evangile raconte à ce sujet n'appartient pas à ses sources primitives, mais « doit être du dernier rédacteur-. »
Bien plus, c'est le récit même de la sépulture, tel qu'il se trouve jusque dans notre plus ancien document, qui a chance d'avoir été créé par l'apologétique chrétienne.
En effet, « l'ensevelissement n'a d'intérêt qu'eu égard à la résurrection : pour que l'on pût constater que Jésus était sorti du tombeau, il fallait d'abord qu'il y eût été mis; or, il ne pouvait y avoir été mis par ses disciples, le cadavre n'étant pas à leur disposition; l'intervention d'un personnage considérable était donc nécessaire; celui que Marc désigne est inconnu par ailleurs à la tradition apostolique; les autres détails de la sépulture servent à expliquer la démarche des femmes et la découverte du tombeau vide le dimanche matin. Le tout est de la même main, du rédacteur qui a fait dire plus haut par le Christ à ses apôtres : Quand je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. Le silence des femmes après le message des anges n'est pas moins significatif que le silence recommandé aux trois disciples témoins de la transfiguration. L'évangéliste sait bien que ce qu'il raconte n'était pas dans la tradition commune des souvenirs apostoliques^. »