‹ Les théories de M. LoisyChapitre 146 sur 235 · Autour d'un petit livre, p. 44. Gf ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Autour d'un petit livre, p. 44. Gf ci-dessus, p

contemporains de la génération apostolique, dont ils portent le nom.

Ainsi, « quel qu'ait pu être l'auteur du second Evangile, on ne peut guère se le figurer habitant Jérusalem au temps de la passion, membre de la communauté primitive, compagnon assidu de l'apôtre Pierre, dépositaire de ses souvenirs et de son enseignement. Le plus ancien de nos Evangiles n'apparaît pas comme l'œuvre d'un disciple du Christ, ni comme l'œuvre d'un homme qui aurait eu souci de recueillir le témoignage certain de ceux qui avaient vu et entendu le Sauveur, qui avaient pu connaître les circonstances de sa mort et la première instauration de la foi chrétienne, mais plutôt comme une compilation anonyme, un résidu plus ou moins hétérogène de la tradition historique de l'Evangile et des interprétations, des corrections, des compléments, qu'y avait introduits le travail de la pensée chrétienne, soit le travail anonyme de la foi dans les premières communautés^ soit l'influence individuelle de maîtres telquePaul, soit les réflexions personnelles des rédacteurs évangéliques. L'Eglise du second siècle a pu attacher un nom à ce livre, elle n'en a pu faiie la propriété littéraire d'un auteur particulier <. »

La tradition qui attribue l'ouvrage à Marc, disciple du prince des apôtres, ne peut donc être approuvée du critique. « Si un disciple de Pierre a eu part à la composition du second Evangile, ce ne peut être le dernier rédacteur, c'est-à-dire le véritable auteur du livre, mais l'auteur de la notice concernant la

prédication et la mort de Jésus, cest-à-dire l'auteur du document exploité par l'évangéliste, et où Ton peut reconnaître un écho du témoignage apostolique, spécialement des souvenirs de Pierre'. » Il est, en effet, « fort possible et même très probable que cette source, comme les Logia, soit antérieure à la mort des apôtres Pierre et PauP. »

Cependant, une « hypothèse plus ou moins traditionnelle » veut que l'ouvrage définitif ait été rédigé dans l'Eglise de Rome : en admettant cette supposition, ce peut être « à sa qualité d'ancien évangile romain, plutôt qu'à l'origine d'une de ses sources, que le livre doit son attribution à un disciple du prince des apôtres^. » « La mention de Marc dans l'Epître de Pierre n'est peut-être pas sans rapport avec» cette attribution même; « ce serait une mention intéressée, comme le dire de Jean l'Ancien '. »

Quant au véritable auteur de l'Evangile, son nom reste inconnu. « Il a voulu écrire un livre d'enseignement évangélique, et il a présenté l'Evangile tel qu'on le comprenait dans le milieu chrétien où il vivait, dans la communauté hellénochrétienne à laquelle il appartenait. Il semble impossible qu'il ait écrit en Palestine ou dans un endroit où la tradition des premiers apôtres et des disciples immédiats de Jésus aurait été largement représentée. » Son œuvre de rédaction « est certainement posté-

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