‹ Les théories de M. LoisyChapitre 152 sur 235 · I.Ibid.,^. 222. Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

I.Ibid.,^. 222. Cf. ci-dessus, p

gagner dans l'ordre des biens spirituels et de la vie del'àme; que le sacrifice est ainsi la racine de la vraie félicité; enfin que notre existence éphémère flotte sur un océan de vie où elle se replonge pour durer toujours, à partir de l'instant même où elle semble cesser d'être. Si le dernier mot de toutes choses n'est pas le néant, et ce ne peut être le néant, l'Evangile n'a eu que l'apparence d'une chimère, Jésus a incarné dans l'homme la sagesse de Dieu, et sa mort ne pouvait être qu'un passage à l'immortalité'. »

Dans cette page, l'on trouve la seule note religieuse que contiennent les deux énormes volumes de M. Loisy. Il est inutile de faire remarquer combien elle est peu expressive, et sous quelle forme alambiquée, déconcertante, suspecte, pour tout dire, elle se présente.

Ce Dieu qu'on identifie à « la loi vivante de l'univers » se distingue-t-il du Dieu de la philosophie panthéiste? L'« océan de vie » où se replonge notre existence après sa course éphémère est-il autre chose qu'une métaphore sans rapport avec la survivance réelle qu'espère le chrétien? L' « immortalité » même de Jésus, l'incarnation qui s'est faite en lui de « la sagesse de Dieu » , doivent-elles s'entendre autrement que dans le sens purement idéal et foncièrement rationaliste qu'a exprimé Renan? Enfin, le règne de l'Eglise apparaît-il vraiment au critique comme « la réalité du règne de Dieu », si bien que Jésus, en annonçant le royaume, se serait trompé

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seulement sur ses formes accessoires, non sur sa vérité essentielle?

On ne saurait le décider avec certitude. Certaines déclarations contenues dans les autres ouvrages du critique invitent à donner à ces propositions une interprétation favorable. D'autres, nous l'avons vu \ en dissuadent plutôt formellement.

A supposer que M. Loisy entende maintenir, comme réalités objectives, l'existence d'un Dieu personnel, la survivance immortelle du Christ, le règne de Dieu dans l'Eglise issue de lui, la vocation de ses fidèles à l'immortalité, le critique peut tout au plus seproclamer chrétien, à la façon des protestants libéraux^. Encore devrait-il figurer dans leurs rangs extrêmes. Il serait facile, en efl'et, parmi les principaux représentants de la critique libérale en Allemagne et en Angleterre, d'en trouver qui, sur la personne de Jésus, la valeur religieuse de son Evangile, la vérité de la religion fondée par lui, ont des appréciations autrement chrétiennes, autrement rassurantes que celles de notre auteur.

En tout cas, le Christ qu'on nous présente, naïf villageois, né comme un homme ordinaire, guérisseur de simples maladies nerveuses, illusionné, non seulement sur l'époque, mais sur la nature véritable du règne de Dieu, entraîné par son illusion à une mort fatale et nullement voulue, condamné après son supplice à avoir son cadavre traîné à la fosse commune et à pourrir dans le charnier, un tel Christ est aux antipodes du Christ de la foi.

1, Ci-dessus, p. Ub-131.

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