Id., ibid., p
3. Cf. P. DE Lagarde, Psalter ium ] uxta Hebr. Hieioni/mi, p. 165.
4. Cf. HoBART, The médical language of saint Luke, 1882; Zahn, Einleitung, t. ii, p. 427 sq., 437 sq. ; Julicher, Einleitung, p. 408. Harnack, Lukas der Arzt, p. 10-13.
compagnon de saint Paul, nommé par les écrivains anciens,
Renan tendait à admettre cette donnée traditionnelle. Elle est soutenue aujourd'hui par un nombre imposant de critiques. M. Harnack s'en est fait tout récemment encore le champion très résolu'; l'on peut espérer que l'argumentation pressante du professeur de Berlin accentuera sur ce point le retour de la critique indépendante à la tradition.
L'authenticité de notre Evangile une fois reconnue, son importance documentaire devient incontestable. Dans son prologue, l'auteur affirme, qu'à l'imitation d'autres écrivains qui ont recueilli la tradition des témoins oculaires de Jésus, il a voulu composer une histoire du Sauveur, après s'être « informé soigneusement de tout depuis l'origine », afin de confirmer à Théophile la certitude des enseignements qu'il a reçus. La parole de l'écrivain ne saurait être suspectée; son Evangile, comme les Actes, accuse, en elTet, l'utilisation de documents anciens ; nul doute qu'il n'ait eu l'intention de puiser ses renseignements à bonne source et qu'il n'ait fait diligence pour s'informer^. La question est seulement de savoir dans quelle mesure il a pu le faire.
1. Renan, Les Evangiles, p. 252; B. Weiss, Einleitung, p. 530 sq.; Zahn, Einleitung^ t. il, p. 426 sq. ; F. Blass, Acta Apostolorum, siée Lucse ad Theophllum Liber aller, 1895 ; Plummer, A critical and exegeiical Commentary on the Gospel according to S. Lu/te. 3» édiu, 1900; Rackham, The Acts of the Apostles^i'àOl; Harnack, Lu/cas dcr Arzt, der Vcrfasser des dritten Ei'angeliums tind dcr Aposielgesc/iichte, 1906; etc. ^
2. Le prolog-ue de saint Luc semble gêner M. Loisy. Le critique l'appelle : « cette pompeuse et banale dédicace à Théophile ». Les Evangiles synopliqucs, t. i, p. 260.
Or c'est à cette question que permet de répondre l'identification de l'auteur avec saint Luc.
Si l'évangëliste est le disciple qui accompagnail saint Paul dans les voyages racontés à la première personne du pluriel, il a donc été avec le grand Apôtre en Madédoine, vers l'an 50, en Asie Mineure vers 53, en Palestine vers 56, à Rome vers 60'. Il a donc vécu dans la génération qui a connu les apôtres, il a été en contact avec les Eglises enseignées par eux, à une époque où la foi de ces églises était sous l'influence vivante de leur prédication et du témoignage des autres disciples du Seigneur. Soit en dehors de la Palestine, à l'occasion de ses diverses missions, soit en Palestine même, lors du voyage qu'il fit avec son maître de IMilet à Jérusalem, en passant par Césarée, et sans doute d'autres encore où il n'était pas avec l'Apôtre et qu'il n'entre pas dans son plan de signaler, l'auteur s'est trouvé forcément en contact avec les représentants directs de la tradition évangclique, les témoins immédiats de Jésus. Etant donné que lui-même était devenu missionnaire de la foi, on ne peut douter qu'il n'ait mis à profit ces occasions pour se renseigner sur l'histoire du Sauveur, à laquelle toute son œuvre témoigne qu'il s'intéressait très particulièrement. L'évangéliste a donc été dans les meilleures conditions pour se bien informer; il y a mis tous ses soins : cela n'est-il pas pour donner confiance à son écrit?
Qu'il ait utilisé l'Evangile de saint Marc, ou plutôt
1. Pour la chi'onologie des missions de saint Paul, voir E. Jacquier, Histoire des Urres du N. T"., t. i, 1903, p. 21 sq.
Je document primitif qui semble avoir servi au second évangéliste, il n'en reproduit pas moins, dans une grande partie de son œuvre, une tradition qui lui est propre, et c'est cette tradition propre dont la valeur nous est garantie par la qualité de son information. L'hypothèse que fait M. Loisy d'un auteur qui aurait complété, en grande partie, de son propre fond, embelli de compositions pieuses ou de fictions symboliques le récit fondamental de saint Marc, paraît absolument incompatible avec l'identification de l'évangéliste à saint Luc, le missionnaire chrétien.
D'après la tradition ecclésiastique, le premier Evangile est l'œuvre de l'apôtre saint Matthieu, qui l'a écrit d'abord en hébreu pour les chrétiens de Palestine. C'est donc à un témoin direct du Christ que l'Evangile est cette fois attribué. Faut-il pour cela suspecter l'attribution ?
Il serait bien étonnant, si elle était fictive, qu'on eût choisi pour garant de l'ouvrage, non l'un des apôtres qui ont joué un rôle important dans l'histoire évangélique ou dans l'établissement de l'Eglise, mais un apôtre d'ordre secondaire et totalement effacé, si l'on fait abstraction de la gloire qui lui revient à raison même de l'Evangile qui lui est attribué. Rien ne paraît avoir pu. suggérer son nom à qui voulait donner autorité au document. L'attribution du premier Evangile à saint Matthieu suppose un rapport réel entre le livre et cet apôtre.
Le contenu de l'ouvrage s'oppose-t-il à cette attribution ? En dehors du prétendu caractère légen-
daire des récits de la naissance virginale et de la résurrection, M. Loisy fait valoir, d'une part, que l'auteur, pour écrire la vie de Jésus, a utilisé l'Evangile de Marc, d'autre part que son œuvre a été composée en grec « et ne peut être la traduction d'un original araméen^ ».
Mais, tout d'abord, il n'est pas absolument certain que l'Evangile de saint Matthieu soit fondé sur celui de saint Marc. De l'aveu de M. Loisy, « la plus grande confusion » règne encore sur le problème du rapport mutuel des Synoptiques^. On a, en particulier, le droit de s'étonner que le premier évangéliste, s'il a exploité le second, l'ait abrégé en certains points, au lieu de le compléter^, comme il le fait ailleurs, et surtout qu'il en ait omis des morceaux entiers, tels que la parabole de la Semence, la guérison de l'aveugle de Bethsaïda, celle du sourd-muet de la Décapole, et d'autres traits plus courts, néanmoins importants''. M. Loisy pense que Marc a eu des sources antérieures^, un récit abrégé de l'histoire de Jésus, et un recueil de Logia, dont il a utilisé des fragments : ne peut-on pas supposer