‹ Les théories de M. LoisyChapitre 172 sur 235 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

Id., ibid., p

3. Comparer, en particulier, aux passages parallèles de saint Marc, Matth., VIII, 2-4; 28-34; ix, -1-8; 18-26; xiv, 3-12 ; xxi, 20-22; XXII, 34-40. Dans ces passages, Matthieu abrégerait; mais pourquoi complèle-t-il en d'autres? par exemple, Matth., xii, 25-37; XIII, 10-17; XIV, 22-33; xvi, 13-19; xix,l-12; xxi, 33-46; xxvi, 1-5; XXVI I, 24-30; etc.

4. Marc, iv, 26-29; vu, 32-35; viii, 22-26; x, 38c, 39d; xi, 21»; XVI, 7; XIV, 30; 72; etc.

5. Le récit de la tentation, dans Marc, i, 13, est manifestement un résumé très succinct.

que ces sources de Marc, et non pas Marc lui-même ont été exploitées par le premier évangéliste ^ ?

Cette hypothèse, à la vérité, paraît d'abord surprenante, quand on songe à faire de ce premier évangéliste un apôtre du Christ. Elle le paraît beaucoup moins, si l'on réfléchit que ces documents primitifs, ensemble de récits et recueil de discours, formaient déjà la base de la catéchèse des Églises, et représentaient comme la substance consacrée de la tradition apostolique. Pourquoi un apôtre, tel que saint Matthieu, ne se serait-il pas emparé de ces premiers documents et ne les aurait-il pas complétés à l'aide de ses souvenirs et de ses renseignements personnels, pour en former un Evangile suivi ?

Admettons maintenant qu'il soit réellement impossible de voir dans notre premier Evangile une simple traduction^ : rien n'empêche d'admettre, semble-t-il, que saint Matthieu, après avoir composé son ouvrage en araméen, pour les chrétiens familiarisés avec cette langue, l'ait ensuite fait traduire, ou traduit lui-même^, enle retouchant pour l'usage

1. M. Loisy admet çà et là l'hypothèse comme possible. Ainsi, à propos de Matth., xxvi, 61 : « On pourrait, dit-il, supposer )■: que le premier évangéliste « a connu la source de Marc, où cette parole devait se trouver en sa forme authentique ». Les Evangiles synoptiques, t. ii, p. 602. Cf. ibid., p. 25, cité ci-après, p. 308, note 2, et, à propos de saint Luc : ibid., t. i, p. 166, 168, cité ci-dessus, p. 167, 215.

2. D'après M. Zalin, notre premier évangile grec serait la simple traduction, faite vers l'an 85, de l'Kvangile araraéen de saint Matthieu, composé vers 62; le traducteur grec se serait seulement inspiré de saint Marc, pour la forme littéraire.

3. Si saint Matthieu a été chef d'octroi dans la ville cosmopolite de Capharnaum, il a dû savoir le grec, et il a pu facilement, au temps de son apostolat, compléter ses connaissances sur ce point.

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d'autres communautés, qui connaissaient mieux le grec que l'hébreu.

Ni l'une ni l'autre objection ne sont donc péremptoires contre la comiDosition directe du premiei Evangile par l'apôtre saint Matthieu.

Il est, au contraire, un certain nombre de particularités du livre qui tendent à confirmer le témoignage de la tradition sur ce point. Tout d'abord, de l'aveu de M. Loisy, l'auteur « sait l'hébreu » ; <( il est donc très probablement né juif » : c'est une première constatation qui a son importance.

En second lieu, les destinataires mêmes de l'ouvrage sont des judéochrétiens : ils doivent avoir l'habitude du grec, si l'on suppose que l'Evangile qui leur est destiné a été composé directement en cette langue ; ils ne sont pas néanmoins sans avoir eux-mêmes « quelque idée de l'hébreu *. » D'autre part, la manière dont Fauteur compare l'Evangile à la Loi, parle de la Ville Sainte, se plaît à noter an fur et à mesure l'accomplissement des prophéties anciennes, semble convenir tout spécialement à des lecteurs judéochrétiens. Au témoignage de Renan, l'Evangile a dû être écrit, en effet, pour un « cercle juif 3 » ; M. Ilarnack reconnaît à sa source fondamentale un caractère « sûrement palestinien ■*» ; M. Wellhausen va jusqu'à le faire composer dans le milieu « hiérosolymitain^ ».

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