‹ Les théories de M. LoisyChapitre 174 sur 235 · Matth., IX, 9. Cf. Marc, ii, 14 = Luc, v · texte numérisé non relu

Matth., IX, 9. Cf. Marc, ii, 14 = Luc, v

Il reste que, soit lasubstitutiondu nom de Matthieu au nom de Lévi, soit l'addition de l'épithète de « publicain » à la mention de Matthieu dans la liste des Douze\ indiquent un intérêt spécial porté à cet apôtre, et ne se comprennent bien que s'il n'est autre que l'évangéliste lui-même. Ainsi, la critique interne du livre confirme d'une manière sérieusele témoignage de la tradition surson auteur.

Une telle origine ne peut qu'assurer à l'ouvrage une valeur de premier ordre. Fondé sur Marc et le recueil deLogia, il aurait déjà une autorité considérable. « Matthieu, écrivait Renan, mérite évidemment une confiance hors ligne pour les discours; là sont les Logia, les notes mêmes prises sur le souvenir vif et net de l'enseignement de Jésus ^. » Mais, s'il faut y voir l'œuvre directe de Tapùtre, écrite de première main ou basée sur un document traditionnel, complété à l'aide de souvenirs et de renseignements propres, de quel prix ne seront pas ses informations touchant la vie et la doctrine du Sauveur?

En résumé, à s'en tenir aux indications les plus sûres du témoignage de la tradition et de la critique interne des livres, ce que les trois Synoptiques nous offrent n'est pas du tout un résidu de souvenirs primitifs, dissimulé sous une couche épaisse d'alluvions, qu'auraient amassés le travail progressif de la conscience chrétienne et celui des derniers rédacteurs, mais c'est la tradition des apôtres et des

Page 1