‹ Les théories de M. LoisyChapitre 177 sur 235 · A. Loïsy , Le quatrième Evangile, p · texte numérisé non relu

A. Loïsy , Le quatrième Evangile, p

du Christ. Cela paraît tout à fait impossible à admettre.

L'hypothèse est, en effet, en contradiction avec la teneur du chapitre xxi, où, de l'aveu de M. Loisy, le bien-aimé est identifié à Jean, le disciple bien connu à Ephèse, et présenté comme l'un des Douze. Elle contredit encore tout le reste de l'Evangile, où le disciple figure en compagnie de personnages très réels, des apôtres et en particulier d'André et de Pierre, sans que rien montre en lui un pur symbole.

C'est ce que pense la presque unanimité des critiques, et, au jugement de la plupart, le personnage ainsi présenté ne peut être que l'apôtre Jean. En s'ideutifiant au disciple aimé de Jésus, l'évangéliste s'identifie donc avec le fils de Zébédée, et d'une manière qui exclut tout soupçon de fiction littéraire.

On peut de même établir, contre M. Loisy, que le dernier chapitre, où se trouve une attestation analogue, n'estpasun appendice ajouté par les éditeurs du livre, mais est de la même main que le reste de l'ouvrage, et que l'identification de l'auteur avec Jean d'Ephèse, apôtre privilégié de Jésus et dernier survivant de la génération apostolique, n'est pas le fait du groupe chrétien qui a lancé le livre dans les Eglises, mais bien de l'évangéliste lui-même, et sans qu'on puisse davantage soupçonner une fiction.

Si l'on réfléchit que ces attestations de l'évangéliste, garanties déjà parla réserve qui les entoure, sont en accord très précis avec les particularités obj ectives de l'ouvrage, qui accusent, en effet, un rédacteur Juif d'origine, palestinien, personnellement renseigné sur la vie de Jésus, n'y a-t-il pas, dans

la convergence extraordinaire des indications fournies par l'examen du livre et de celles fournies par la tradition, une preuve capable de donner une conviction ferme de la composition du quatrième Evangile par saint Jean ^ ?

Il va sans dire que l'origine apostolique de l'ouvrage crée une présomption nécessaire en faveur de son historicité. Sans doute, le critique ne peut se dérober àla tâche de vérifier directementla mesure ou le degré spécial de cette historicité, la manière précise dont elle convient aux parties narratives et aux discours. Mais, dès avant cet examen, il peut avoir confiance que l'Evangile, rédigé par l'apôtre aimé de Jésus, dans le but de confirmer la foi de ses disciples, contient une appréciation autorisée de la personne du Sauveur, une reproduction fidèle de ses actes, une interprétation exacte de sa doctrine.

Ces assurances, préalablement obtenues, touchant l'origine et le caractère historique de nos Evan giles, montrent dès l'abord tout ce qu'a d'étroit, d'incomplet, de manifestement au-dessous et en dehors de la vérité, l'exposé que M. Loisy a prétendu tracer de la carrière et de l'enseignement de Jésus.

Son système ne se soutient qu'en rejetant de parti pris toutes les données de l'Evangile johannique. En ce qui regarde les Synoptiques eux-mêmes, i exige une sélection très rigoureuse opérée sur leui textes. Pour justifier cette sélection, ilest nécessaiii de supposer qu'entre la rédaction des Evangiles c

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