d., ibid.y p
celui de se croire le Fils de Dieu et le chef idéal de l'humanité?
Tous les siècles ont admiré la doctrine du Sauveur; elle occupe, aujourd'hui encore, l'attention des plus fiers savants; au témoignage de Renan, Jésus a « créé le plus bel enseignement pratique que l'humanité ait reçu^ », « chacun de nous lui est redevable de ce qu'il a de meilleur en soi^ »; d'après M. Loisy, l'Évangile contenait « les germes les plus précieux de la vérité humaine, les principes les plus féconds de progrès humain ^ » : ne paraît-il pas impossible que le sens le plus élevé, le génie le plus perspicace, aient pu coexister avec la folie la plus absurde?
Rien de plus saisissant que le contraste entre l'enthousiasme des disciples, l'entraînement de la foule, et, d'autre part, le calme, la gravité de Jésus, la conscience réfléchie etlimpide qu'il a de sa mission, la délicatesse extrême qu'il met à la manifester : une sérénité si parfaite, une telle possession de soi, un si complet équilibre, peuvent-ils se concilier avec l'extravagance et l'exaltation que l'illusion si étrange supposerait?
Enfin, ne répugne-t-il pas qu'un déséquilibré ait pu opérer pai-eilles transformations morales dans son entourage, exercer sur les premiers apôtres chrétiens une influence à la fois aussi douce et aussi puissante, être à la tête du merveilleux mouvement d'âmes qui s'appelle l'Eglise primitive? De