Matth., xxv
ne se présente qu'au milieu de la nuit, quand les vierges, lasses de veiller, se sont laissées aller au sommeil. Ainsi encore, le maître, qui confie à son intendant la garde de la maison, prolonge son absence et ne survient qu'au moment où on ne l'attend plus '.
Toutes ces exhortations à la vigilance, qui tiennent si grande place dans les instructions de Jésus, ne supposent pas seulement le caractère subit de l'arrivée du royaume; elles n'ont véritablement de sens que si le Sauveur prévoitque sa venue peut éprouver un retard considérable et que le temps doit en demeurer incertain.
Parfois Jésus semble déclarer que le royaume viendra au cours de la génération présente, avant qu'on ait achevé d'évangéliser les villes de Palestine, alors que vivront encore plusieurs de ceux qui l'entendent^. Ces prédictions plus spéciales sont en rapport avec l'idée d'un bouleversement général qui doit châtier la nation juive, renverser ses cités et détruire ses édifices religieux.
Ainsi, le grand discours eschatologique, où figure la parole : « Cette génération ne passera pas que toutes ces choses ne s'accomplissent^», est rattaché à un petit épisode qui vise directement la destruction du temple : les disciples admirent et font admirer à leur Maître le splendide édifice; Jésus en prend occasion pour déclarer que de tout cela il ne
1. Marc, xiii, 32-37 = Matth., xxiv, 42-51= Luc, xxi, 34-36. Cf. Luc, XII, 36-40; xvii, 20-30: xviii, 8.
2. Marc, xiii, 30 = Matth., xxiv, 34 = Luc, xxi, 32. Matth., X, 23. Marc, ix, 1= Matth., xvi, 28 = Luc, ix, 27