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LE CULTE ET L EVANGILE

concerne leur origine, il en est des sacrements ainsi que de l'Église et du dogme, qui procèdent de Jésus et de l'Évangile comme des réalités vivantes et non comme des institutions expressément définies ^ » Après la mort du Sauveur, en effet, le christianisme, s'étant constitué, par la force des choses, en dehors du judaïsme, « devint une religion distincte, indépendante et complète ». « Comme religion, il eut besoin d'un culte, et il l'eut ^. »

L'acte principal du culte chrétien fut le repas eucharistique. C'était bien « la création de Jésus ^». Non que le Sauveur eût eu l'intention d'instituer un rite permanent, encore moins de donner son corps et son sang en communion aux fidèles. « L'eucharistie, au jour de sa célébration première, signifie plutôt l'abrogation du culte ancien et l'avènement du royaume, que l'institution d'un nouveau culte, le regard de Jésus n'embrassant pas directement l'idée d'une religion nouvelle, d'une Eglise à fonder, mais toujours l'idée du royaume des cieux à réaliser'. » C'est le retard du royaume qui amena les premiers chrétiens à reproduire ce qui s'était accompli au cénacle. Tout d'abord, la cène fut envisagée simplement comme « un mémorial de la passion et une anticipation du festin messianique, où Jésus était présent^. » Mais elle prit une importance croissante dans l'Eglise des gentils. Là, le repas eucharistique fut « le grand

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