Marc, i, 14-15=: Maïth., iv, 17. Matth., x, 7; Luc, x
2. Cf. Lepin, Jésus Messie et Fils de Dieu, i' édit., 1906, p. 403-
3. N'était la difficulté qu'il trouve à ce que Jésus ait prévu un tel événement pour l'époque où de fait il s'est produit, M. Loisy serait prêt à l'admettre. « Jésus, dit-il, annonce que le temple sera détruit. Les termes de la prédiction pourraient donner à penser que celle-ci n'a pas été rédigée après l'événement. Le temple a été brûlé, non démoli, en sorte que la métaphore des pierres renversées se trouve matériellement inexacte... D'autre part, l'idée de cette destruction parait avoir été acceptée et, professée par le Christ. On reprochera plus loin à Jésus d'avoir dit qu'il détruirait le temple et le rebâtirait en trois jours... Les
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des critiques les plus indépendants \ de Renan luimême^.
Or de telles déclarations paraissent supposer nécessairement chez le Sauveur une science d'ordre surnaturel. Rien, dans la situation politique de la Judée ne pouvait lui faire prévoir, surtout avec cette certitude, la guerre judéo-romaine. La familiarité avec les anciennes Apocalypses n'expliquerait aucunement ce que ses affirmations ont de précis et d'assuré. Encore moins peut-on attribuer à une heureuse rencontre que l'événement se soit produit au moment annoncé, qu'il ait porté visiblement, conformément à sa parole, le caractère d'un châtiment de Dieu rejetant son peuple, et marqué le point de départ d'une nouvelle ère religieuse dans l'histoire de l'humanité.
Mais, si le Sauveur a connu, de science surnaturelle, un événement si fort au-dessus des humaines prévisions, n'est-il pas de toute invraisemblance qu'il ait été formellement dans l'erreur, relativement à l'époque de la fin du monde?
accusations portées contre Etienne, au livre des Acte;;, vi, 13-14, supposent que le diacre attribuait la parole à Jésus, et l'interprétait littéralement de la destruction du leniplo par le Christ glorieux... » {Les Evangiles synoptiques, t. il, p. 395-396.)
1. M. Vernes, Histoire des idées messianiques, 1874, p. 237; E. Stapfer, La mort et la résurrection de J.-C, 1898, p. 53-54; 60; B. Weiss, Dus Leben Jesu, 4« édit., 1902, t. ii, p. 422, 437, 439; H. Wendt, Die Lehre Jesu, 1901, p. 594 sq.; 0. Holtzmann, Leben Jesu, 1901, p. 123. H. Holtzmann, Die Synoptiker, 1901, p. 96; P, Wernle, Die Anfiinge unserer Religion, 1901, p. 370* J. Wellhausen, Das Evotigelium Marci, 1903; P. \V. Schmiedel, art. Gospels, dans VEncyclopxdia biblica, t. il, col. 1888.
2. Renan, Vie de /esKs,1867, p. 351; 355; 366; 367. Cf. L Antéchrist, 1873, p. 259, 292.
Au surplus, ces dernières réflexions n'étaient pas nécessaires contre la thèse radicale de M. Loisy. Il suffît que la pensée de Jésus se soit portée jusqu'au terme de sa génération contemporaine, qu'il ait entrevu la ruine de Jérusalem pour une époque où de ses disciples il ne resterait plus que quelques survivants, pour que l'illusion du royaume imminent soit reconnue inadmissible.
C'est, en somme, tout un ensemble, fort considérable, de paraboles, d'instructions et d'avertissements, contenus dans les seuls Evangiles synoptiques, qui vontàrencontredelathéoriedeM. Loisy- Et comme, dans son plan, cette théorie est fondamentale, c'est donc la base la plus solide de son système qui se trouve être établie en contradiction avec riiistoirc.
Il n'y aura pas lieu d'être surpris si le reste de l'édifice présente quelque fragilité.
La manifestation de Jésus Messie
En ce qui regarde la manifestation messianique, M. Loisy ramène la réalité de l'histoire à deux points qui lui semblent assurés : premièrement, Jésus ne s'est avoué comme Messie devant ses disciples qu'à une période assez avancée de son ministère ; secondement, il a évité de se donner comme tel en public pendant toute la durée de sa prédication galiléenne. La raison de cette double réserve serait que le Sauveur ne se croyait pas encore le Messie, mais seulement destiné à être le Messie; et c'est en allant