Matth., XVI, il
question posée aux scribes sur le Messie, fils de David, qui est bien plutôt en réalité le Fils de Dieu^. Puis, la parabole des méchants vignerons, où le fils, envoyé à la suite des serviteurs par le père de famille, représente Jésus, envoyé par Dieu à Israël, comme étant son propre Fils, tandis que les prophètes étaient ses simples serviteurs ^. Enfin, la réponse affirmative adressée à la question du grandprêtre : « Tu es donc le Fils de Dieu? », réponse jugée par le sanhédrin blasphématoire et digne de mort'.
Ces diverses sentences, de l'aveu même de jSI. Loisy, expriment tout autre chose que la filiation divine imparfaite et métaphorique qui s'attache communément au nom de Messie. Elles ont une portée transcendante, métaphysique, visant le Sauveur, non plus seulement dans son humanité privilégiée de Dieu, mais bien dans une partie supérieure de son être, où il participe véritablement à la nature de Dieu, en qualité de Fils proprement dit de Dieu.
Seul, le préjugé systématique fait que le critique suspecte l'authenticité de tels passages. Rien, du côté de l'exégèse pure, n'autorise à la nier. Les sentences sont, au contraire, en harmonie avec tout le reste des prétentions de Jésus, qu'elles ne font qu'éclairer et préciser. Cette authenticité est admise par la grande généralité des critiques, par
1. Marc, xii, 35 sq. ^ Matth.jXxii, 42sq.= Luc, xx, 41 sq. Cf. Ps. ex, 1.