Marc, xii, G= Matth., xxi. 37= Luc, xx, lî
3. Marc, xiv, 61-63= Matth., xxvi, 63-GG =Luc, xxii, 66-71. Cf. Jeax, xuc, 7. Voir ci-dessus, p. I/'J-ISO.
tous ceux dont elle ne gêne pas trop les principes rationalistes*.
C'est dire que le témoignage des Synoptiques, envisagé sans parti pris, et interprété adéquatement, concourt, aussi bien que celui du quatrième Évangile, à établir la divinité réelle de Jésus. La consubstantialité de la personne du Christ avec Dieu son Père fournit l'explication la plus satisfaisante de l'ensemble de ses prétentions. Qu'importe que l'idée ne soit pas formulée avec la rigueur d'une définition, si elle se trouve traduite partout dans les textes et s'en dégage logiquement. 11 n'y a pas de contraste entre la réalité que présentent les Synoptiques et les conceptions de saint Paul touchant le Christ, Fils de Dieu, éternellement préexistant au ciel avant sa venue en ce monde, celles de saint Jean au sujet du Verbe de Dieu fait chair, enfin les définitions des conciles qui combinent ces diverses
1. L'authenlicilé de la sentence sur la connaissance du Père et du Fils est reconnue par B. Weiss, Lchrbuchder biblisclien Théologie,i^Q'i, p. 59; P. Wernle, Die Anfànge unserer Religion, 1901, p. 33; O. HoLTZMANN, Leben Jesu, 1901, p. 221; H. Holtzmann, Lehrbuch der Neut. Théologie, 1897, t. i, p. 275; G. Dalman, Die Worte Jesa, 1898, p. 232; H. Wendt, Die Lehre Jesu, 1901, p. 418;
A. Harnack, Zlas Wcsen des Christentums, 1901, p. 81; J. Weiss, Die PredigtJesu vont Reiches Gottes, 1900 ; A. B. Bruce, art. Jésus, dans \' Encyclopxdia biblica, t. ii, col. 2441. — Celle de la question sur le fils de Darid, par B. Weiss, Z)as Lèvera Jeiw, 1902, t. ii, p. 384; Wendt, op. cit., p. 424; Dalman, op. cit., p. 234; Wernle, op. cit., p. 30; 0. HoLTZMANN, op. cit., p. 353; H. Holtzmann, op. cit., t. 1, p. 258. — Celle delà parabole des vignerons, par
B. Weiss, op. cit., t. n, p. 423 ; Wendt, op. cit., p. 419; Dalman, op. cit., p. 230; 0. Holtzmann, op. cit., p. 333; H. Holtzmann, op. cit., t. I, p. 266. — Celle de l'interrogatoire devant le grand prêtre, par la presque unanimité des critiques.
données dans le dogme du Christ, vrai homme et vrai Dieu.
Les expressions que M.Loisy avait employées, en les détournant de leur vrai sens, doivent donc être prises à la lettre : non seulement, « le fait évangélique bien compris ne proteste pas contre l'interprétation théologique », non seulement « aucune solution de continuité ne se remarque entre le fait et son interprétation », mais on peut dire que le dogme « s'appuie sur le fait », qu'il « coïncide avec lui », bien plus, qu'il « sort de lui ^ ».
Et cela n'est pas étonnant, si l'on songe que saint Paul reflète la croyance générale de l'Eglise apostolique, et que celle-ci a les plus sûres garanties de traduire d'une façon authentique l'impression faite par Jésus; que le quatrième Evangile représente la foi de Jean l'apôtre, et qu'ici encore nous pouvons être assurés d'une correspondance exacte aux manifestations personnelles du Sauveur.
Pour saisir tout ce qu'il y a d'insuffisant dans l'interprétation de M. Loisy, il suffît de la comparer avec ce que Renan lui-même s'est vu obligé d'écrire du Christ de l'histoire : « La position qu'il s'attribuait, dit-il, était celle d'un être surhumain, et il voulait qu'on le regardât comme ayant avec Dieu un rapport plus élevé que celui des autres hommes 2. » « On ne saurait méconnaître dans ces affirmations de Jésus le germe de la doctrine qui devait plus tard
1. A. Loisy, Autour d'un petit livre, p. 13i. Cf. ci-dessu3, p. 71.
2, Renan, Vie de Jésus, 1867, p. 256.
faire de lui une hypostase divine, en l'identifiant avec le Verbe K.. »
Il faut bien que le témoignage des textes soit autrement significatif que notre critique ne le prétend, pour qu'un protestant aussi libéral que M. E. Stapfer ait pu écrire encore : « Le Christ du quatrième Evangile ne dépasse en rien celui que les Synoptiques nous font deviner. Il nous aide à l'apercevoir. » En nous bornant à « constater des t'ait . nous nous trouvons amenés à en constater détrangt s et de tout à fait inexplicables, si Jésus n'a pas été un être à part, au-dessus et en dehors de l'humanité telle que nous la connaissons. » « En présence d'un tel être..., le mot de Thomas n'est pas trop fort, et il s'échappe de nos cœurs et de nos lèvres ; nous jetons devant Jésus ce cri d'obéissance et d'adoration : Mon Seigneur et mon Dieu ^ ! »
Les miracles évangéliques
L'interprétation donnée par M. Loisy aux miracles de Jésus est encore visiblement inspirée par le préjugé. C'est parce que le critique n'admet aucun fait qui sorte de l'ordre constant de la nature, que de parti pris il élimine tout prodige qui supposerait chez le Sauveur un pouvoir d'ordre surhumain. Il ne s'en cache pas et met en avant son principe en termes aussi catégoriques que Renan 3.