‹ Les théories de M. LoisyChapitre 203 sur 235 · Matth., I, 22; ii · texte numérisé non relu

Matth., I, 22; ii

thieu, la tradition rapportée dans ces premiers chapitres ofîre donc une valeur incontestable. Sans doute, l'auteur n'a pas été témoin des faits qu'il rapporte, mais il a été à même de se renseigner à bonne source, et l'on ne peut douter qu'il ne reproduise une croyance conforme à la foi de l'Eglise apostolique, informée sur ce point par le témoignage de la mère de Jésus.

En supposant que le premier évangéliste ne soit pas l'apôtre saint Matthieu, nous serions encore autorisés à croire qu'il rapporte, dans ses deux chapitres, une croyance primitive. Dans cette hypothèse même, en effet, il faudrait admettre que l'auteur a été en contact avec la tradition apostolique, puisqu'il a eu entre les mains un document de premier ordre, le recueil de Logia, remontant à l'époque des apôtres. En ce qui regarde le contenu même de nos récits, M. Loisy avoue que l'évangéliste n'en a pas inventé les « données principales », et qu'en particulier l'idée de la conception miraculeuse doit lui être antérieure ^

Par le fait, on constate que les épisodes de saint Matthieu ont une couleur nettement judéochrétienne. Seuls, les chrétiens récemment sortis du judaïsme pouvaient trouver intérêt à la généalogie qui montre Jésus fils de David et d'Abraham-; seuls, ils pouvaient apprécier la discussion qui s'établit, lors de l'arrivée des Mages, sur le lieu où doit naître le Christ^ ; et n'est-ce pas encore à leur

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