Matth., ii, 4 sq
intention que l'on rappelle si soigneusement les prophéties anciennes, à propos de la conception virginale, de la naissance à Bethléem, du voyage en Egypte, du massacre des Innocents, du séjour à Nazareth'? La manière dont il est parlé de V Orient, comme lieu d'où viennent les Mages et où l'étoile leur est apparue^, semble même accuser un milieu palestinien, sinon directement le milieu hiérosolymitain.
Et que l'on ne dise pas qu'un document d'origine judéochrétienne et palestinienne a pu recevoir après coup l'idée de la conception miraculeuse. Cette idée fait le fond de tout l'épisode du doute de Joseph, qu'aucun indice ne permet de déclarer addition postérieure, et qui présente au contraire exactement les mêmes particularités que le reste. Pour être moins sensiblement accusée dans le chapitre ii«, ridée de la virginité de Marie n'en pénètre pas moins réellement ce chapitre entier : toujours il est question de « l'enfant et sa mère », la mère occupant une place à part à côté de lui, en relief véritable par rapport à Joseph, celui-ci apparaissant plutôt comme le gardien et le protecteur de l'un et de l'autre^.
De l'examen critique des deux premiers chapitres de saint Matthieu, il semble donc bien ressortir que l'idée de la conception virginale du Christ appartient à une tradition d'origine judéochrétienne, et m.ême palestinienne. Il n'est donc pas exact qu'elle