‹ Les théories de M. LoisyChapitre 215 sur 235 · A. LoiST, op. cit., t. Il, p · texte numérisé non relu

A. LoiST, op. cit., t. Il, p

ment subjectives? Conçoit-on, par exemple, que les Onze, convaincus de la présence corporelle du Christ au milieu d'eux, aient tous ensemble été victimes de leur auto-suggestion? Se représente-t-on bien que la vision des cinq cents frères ait pareillement été due à une commune hallucination ?

A parler sérieusement, il semble impossible que de simples impressions subjectives aient pu déterminer dans le groupe des apôtres, si profondément désemparé, une telle foi en la résurrection de leur Maître qu'eux, pauvres Galiléens, méprisés et timides, soient revenus, quelques semaines après, en pleine ville de Jérusalem, et là, en face de ces pharisiens qui avaient poursuivi Jésus deleur haine, en face de cette autorité romaine qui l'avait condamné à la croix, aient osé prononcer à nouveau le nom du Crucifié, l'aient prétendu ressuscité, l'aient présenté comme le Seigneur Christ auquel tous devaient croire, et, dans cette même ville qui avait été témoin de son supplice, aient gagné à sa cause un nombre considérable de prosélytes, créé ce mouvement chrétien que l'on constate, dès avant la conversion de saint Paul, si merveilleux de vie et d'intensité.

Cela est si vrai (jue M. Loisy en arrive à supposer des « incidents fortuits * », qui seraient venus donner corps aux apparitions et confirmer d'une façon plus indiscutable leur réalité. Mais une telle hypothèse est manifestement insuffisante. Des incidents fortuits ne pouvaient contribuer à la foi des témoins que d'une façon subsidiaire et accessoire. Quels in-

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