‹ Les théories de M. LoisyChapitre 216 sur 235 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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cîdents de cette nature auraient pu persuader si pleinement aux apôtres, dans l'état d'abattement où ils étaient, que le Christ se trouvait corporellement présent au milieu d'eux, qu'ils le voyaient, qu'ils l'entendaient? Renan a essayé de les décrire, et l'on sait à quelles conjectures invraisemblables il a abouti '.

La seule explication satisfaisante de la foi des

1. Renan, Les Apôtres, 1866, p. 19-20 : les pèlerins d'EmmaOs rencontrent un étranger pieux, versé dans les Ecritures, citant Moïse et les prophètes; ils lient amilié avec lui, et le retiennent pour souper ensemble. Pendant le repas, « ils oublient l'étranger; c'est Jésus qu'ils voient tenant le pain, puis le rompant et le leur offrant. Ces souvenirs les préoccupent à tel point, qu'ils s'aperçoivent à peine que leur compagnon, pressé de continuer sa route, les a quittés ». « La conviction des deux disciples fut qu'ils avaient vu Jésus. » — P. 21-23 : Le groupe principal des disciples était assemblé autour de Pierre. « Pendant un instant de silence, quelque léger souffle passa sur la face des assistants. Aces heures décisives, un courant d'air, une fenêtre qui crie, un murmure fortuit, arrêtent la croyance des peuples pour des siècles. En m.èrae temps que le souffle se fît sentir, on crut entendre des sons... Nul doute possible; Jésus est présent; il est là dans rassemblée. C'est sa voix chérie; chacun la reconnaît .. Ce fut donc une chose reçue que, le dimaTiche soir, Jésus était apparu devant ses disciples assemblés... Tels furent les incidents de ce jour qui a fixé le sort de l'humanité. » — P. 62 : Le miracle de la Pentecôte est à reconstituer ainsi : « Un jour que les frères étaient réunis, un orage éclata. Un vent violent ouvrit £es fenêtres; le ciel était en feu... Soit que le fluide électrique ait pénétré dans la pièce même, «oit qu'un éclair éblouissant ait subitement illuminé laface de tous, on fut convaincu que l'Esprit était entré, et qu'il s'était épanché sur la tête de chacun sous forme de langues de feu. » — P. 179-185 : Pour l'apparition de saint Paul, « il n'est pas invraisemblable... qu'un orage ait éclaté tout à coup ». Il est possible « qu'un délire fiévreux, amené par un coup de soleil ou une ophtalmie, se soit tout à coup emparé écl lui ; qu'un éclair ait amené un long éblouissement ; qu'un deat de la foudre l'ait renversé et ait produit une commotion cérébrale, qui oblitéra pour un temps le sens de la vue. »

apôtres et de la transformation qu'elle a opérée en eux se trouve dans ce que nos récits évangéliquea nous ont rapporté. Les disciples ont cru à la résurrection de leur Maître et ils sont devenus les hommes nouveaux, les missionnaires ardents et intrépides que nous savons, parce que le fait de cette résurrection s'est imposé à leur foi avec une évidence exceptionnelle. Seules, les apparitions objectives du Christ ressuscité, la constatation précise du tombeau demeuré vide, fournissent à l'effet extraordinaire que constate l'historien une cause exactement proportionnée.

Au témoignage des Evangiles, les apparitions du Sauveur ont été immédiates et multiples, produites d'abord à Jérusalem, puis en Galilée. En vain M. Loisy essaie-t-il d'écarter les visions hiérosolymitaines, en présentant comme première apparition celle que crut avoir Pierre sur le lac de Tibériade et qui l'aurait amené à reconstituer le collège apos tolique.

Le critique ne peut appuyer son hypothèse que sur des indices extrêmement faibles. Jésus prédit à ses disciples qu'ils auront grand scandale à son sujet et se disperseront, comme se dispersent les brebis, une fois le pasteur frappé'; mais il n'est dit nulle part que les apôtres aient quitté aussitôt Jérusalem; au contraire, saint Marc et saint Matthieu, qui rapportent cette prédiction, font ajouter par le Sauveur qu'il les /?recé<^e/'a lui-même en Galilée^. Au moment de l'arrestation, les mêmes évangélistes

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