Cf. ci-dessus, p. 348, note
ce récit devait figurer dans la source fondamentale qu'a dû utiliser l'auteur du second Evangile; :1 aura sans doute été recueilli par le rédacteur de l'appendice johannique, qui l'aura remanié, en y donnant un rôle au disciple bien-aimé<.
Or il paraît, au contraire, certain que le chapitre XXI de saint Jean est du même auteur que le reste de l'Evangile^; rien, absolument rien, ne permet d'y reconnaître l'utilisation d'un document antérieur ; d'autre part, l'attitude qu'y observe Pierre n'est pas du tout celle qui conviendrait à une première apparition du Christ^; quant à vouloir déterminer ce que pouvait bien contenir la source hypothétique de Marc, c'est affaire d'imagination, non de critique.
Bref, aucun indice sérieux ne permet de supposer que les premières manifestations du Sauveur après sa résurrection aient eu lieu en Galilée. De même n'est-on aucunement fondé à contester l'historicité des apparitions hiérosolymitaines.
Le témoignage de saint Paul * montre que la tra-
1. A. LoiSY, fcs Evangiles synoptiques, t. i, p. 105 : On peut supposer que « le document fondamental de Marc décrivait en effet sommairement, après la mort de Jésus, le rapatriement des disciples fug-itifs en Galilée, l'apparition sur le lac de TibériaHo, qui a été annexée au quatrième Evangile, d'autres encore peutêtre, et même le retour des apôtres à Jérusalem, ainsi que la fondation de la première communauté. » Cf. Rohrbach, Die Bericlitc liber die Auferstehung Jesii Christi, 1898.
2. Cf. Lepin, L'Origine du quatrième Evangile, 1907, p. 286-321.