‹ Les théories de M. LoisyChapitre 223 sur 235 · Col., ii, 1-2 ; Ro.m., vi, 4 ; x, 7; Éph., iv · texte numérisé non relu

Col., ii, 1-2 ; Ro.m., vi, 4 ; x, 7; Éph., iv

J.K BÉStJRRECTIOX CORPORELLE 357

avec ia synagogue, on ait prêché avec tant de succès la résurrection corporelle du Christ, si les Juifs avaient pu jeter à la face des nouveaux prédicateurs que le corps avait été enfoui dans une fosse commune, et qu'on ne pouvait apporter la moindre preuve de la réanimation d'un cadavre dont seul était bien constaté le sort ignominieux? Comment croire surtout que, dans un tel milieu et à une telle époque, on ait pu faire si facilement allusion à un ensevelissement que les Juifs avaient tout intérêt à contredire ; bien plus, qu'on ait eu l'audace d'imaginer, tout exprès pour leur démontrer la résurrection, un récit de sépulture aussi circonstancié que celui que nous lisons, avec mention si précise du personnage juif, Joseph d'xVrimathie, qu'il devait être particulièrement aisé de vérifier?

L'hypothèse, arbitraire en elle-même et contraire à l'opinion unanime des critiques, soulève de telles invraisemblances qu'il est impossible à un historien sérieux de l'admettre. Le récit évangélique de l'ensevelissement du Christ s'impose. Celui de la découverte du tombeau, qui lui est connexe, se trouve du même coup garanti.

Or, ce fait du tombeau trouvé vide fournit une confirmation d'ordre expérimental très objectif et particulièrement irrécusable, à l'appui des apparitions sensibles du Ressuscité.

N'y a-t-il pas, pour tout critique véritablement indépendant, dans ce double fait parallèle du tombeau et des apparitions, mis en rapport avec la grande réalité historique de la foi des apôtres, se manifestant par ce retour si prompt à Jérusalem,

cette prédication si intrépide et si efficace en pleine ville sainte, en contraste si saisissant avec le drame inouï du Golgotha, une garantie qu'on a le droit de dire décisive en faveur de la vérité de la Résurrection?

L'Église et le culte catholique

La réalité de la résurrection du Christ et celle de ses prévisions touchant le prolongement de son œuvre constituent un double point d'appui très ferme pour la croyance en l'origine divine de l'Eglise et en la valeur réelle du culte chrétien.

Puisque Jésus n'a pas été absorbé par la préoccupation de la parousie imminente, mais a prévu une période intermédiaire entre sa mort et son suprême avènement, il a donc pu, et d'une certaine manière il a dû vouloir son Eglise. Aussi le critique, loin d'être autorisé à mettre systématiquement au compte de la tradition postérieure ce qui, dans les discours tenus par le Christ durant sa vie mortelle, ou dans ses entretiens avec ses disciples après sa résurrection, se rapporte à l'établissement et à l'organisation de cette Église, est-il au contraire formellement invité à y voir la pensée authentique du Sauveur.

Nombreuses sont précisément les paraboles où Jésus fait ainsi entrevoir l'avenir de son œuvre. La parabole du grain de sénevé, celle du levain, celle de la semence qui croît lentement, font valoir le royaume de Dieu comme une réalité qui s'étend, qui progresse, qui gagne le monde, insensiblement et modestement, en attendant qu'elle s'épanouisse

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en la réalité éclatante du royaume glorieux K La parabole des deux fils envoyés à la vigne, celle du figuier stérile, celle des méchants vignerons, celle des invités aux noces, tendent à marquer comment le royaume, d'abord proposé aux Juifs et rejeté par eux, est ensuite adressé aux Gentils qui en tireront profit pour le dernier jour. La parabole de l'ivraie et celle du filet montrent, à leur tour, comment la société des appelés au royaume peut comporter des éléments bons et mauvais qui seront triés à l'heure du jugement.

Toutes ces paraboles ne se comprennent que par rapport à cette société durable des disciples du Christ, qui s'appelle l'Eglise, qui continue à préparer le royaume des cieux,et qui est déjà, sous une forme première et transitoire, le royaume luimême.

Nombreux sont également les discours du Christ qui visent cette communauté de ses disciples dans les conditions où elle doit vivre après sa mort. Ce sont les sentences où le divin Maître marque la destination de son Evangile aux Gentils^, l'ordre qu'il donne à ses disciples relativement à l'évangélisation du monde entier^, les avertissements qu'il leur adresse au sujet des persécutions qui les attendent dans leurs missions "•, et généralement des épreu-

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