‹ Les théories de M. LoisyChapitre 230 sur 235 · Id., ibid., p. 194. Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Id., ibid., p. 194. Cf. ci-dessus, p

nement, mais elle en a le droit, puisqu'elle possède réellement « l'Esprit de Jésus pour se gouverner en toutes choses », qu'elle est, dans toute la force du mot, « l'interprète autorisée des intentions de son fondateur et de la façon dont il convient de les exécutera » Enfin, rien de mieux garanti que l'efficacité de ces sacrements, dès lors que l'on admet la réalité de leur rapport avec la volonté du Christ, du Christ mortel et du Christ glorieux, vivant dans son Église et la pénétrant de son Esprit.

Ainsi l'Église catholique actuelle, avec sa constitution hiérarchique, son dogme défini, son culte organisé, répond aux plus sûres intentions du Christ Jésus : en adhérant à sa hiérarchie, on peut avoir confiance d'adhérer au Sauveur; en accordant foi à son dogme, on est assuré de croire à la vérité ; en participant à ses sacrements, on a la certitude de communier à l'Esprit et à la Vie.

1. A. LoiSY, L'Évangile et l'Église, p. 218-219. Cf. ci-des8us< p. 29,

Le fait évangélique, examiné sans parti pris, dans son intégrité, n'offre donc pas de contraste avec le fait catholique actuel : il s'y harmonise au contraire exactement et le justifie pleinement.

La solution de continuité n'apparaît que dans le système d'interprétation mis en avant par M. Loisy. Ce système, nous l'avons vu dans le détail, n'est autre que le système de Renan, rajeuni d'après les récents travaux publiés dans l'Allemagne protestante, enrichi des hypothèses nouvelles de l'école critique la plus libérale, adapté aux exigences les plus rigoureuses de la logique rationaliste. C'est comme le suprême effort pour réduire la vie et l'œuvre de Jésus aux proportions d'une vie et d'une œuvre purement humaines.

Mais les excès mêmes de négation auxquels oblige la logique du système, la contradiction où il force d'entrer à l'égard des faits de l'histoire les plus importants et les plus certains, paraissent le condamner formellement. Ici, comme dans l'œuvre de Renan, on touche du doigt la vérification de cette parole, écrite par l'auteur de la Vie de Jésus : « Si le miracle et l'inspiration de certains livres sont

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chose réelle, notre méthode est détestable' ». « Si le miracle a quelque réalité, mon livre n'est qu'un tissu d'erreurs^. »

Dans le système de M. Loisy, beaucoup plus encore que dans celui de Renan, un véritable hiatus se trouve établi entre le fait de l'Evangile, tel qu'il prétend le reconstituer, et le fait de l'Eglise, tel que l'historien le constate dès les premiers jours. On ne conçoit pas que le pi-emier ait pu donner naissance au second; on ne s'explique pas que la réalité de l'Église, si haute, si grande, dès sa naissance, soit sortie d'une réalité aussi vulgaire, aussi banale, aussi déconcertante, que celle imaginée par le critique. Tel est le contraste, telle la disproportion entre les deux faits, pourtant successifsetconnexes, que l'on est contraint de déclarer la réalité évangélique défigurée et travestie.

A examiner sur le vif la méthode suivie par M. Loisy, nous avons pu effectivement nous rendre compte qu'il élague, corrige et transforme les données évangéliques, sous l'influence de préoccupations étrangères à la pure critique, et que cette transformation équivaut à une véritable déformation. Ce n'est plus l'histoire dans sa réalité objective, c'est l'histoire filtrée et vidée de ses éléments les plus essentiels, à l'aide de procédés arbitraires et subjectifs. Une telle histoire n'est plus, en fin de compte, qu'un roman, un roman à allure scientifique, mais qui n'en est pas moins un roman.

A force d'éliminer, de transposer, d'interpréter,

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