‹ Les théories de M. LoisyChapitre 41 sur 235 · rbid., p · texte numérisé non relu

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l'église et les sacrements 53

pas à employer sans discernement. L'historien ne peut les utiliser que selon la consistance qu'ils présentent au point de vue de l'histoire. Si l'on a tourné peu à peu les paraboles en allégories ; si l'on a constamment adapté l'enseignement du Sauveur au besoin des Églises naissantes * ; si un travail d'idéalisation progressive, d'interprétation symbolique et dogmatique s'est opéré sur les faits mêmes, l'historien doit s'en rendre compte^. »

Partant de ces principes, le critique prétendait mettre sur le compte de la tradition chrétienne tous les textes où, soit l'Eglise, soit les sacrements, sont mis en rapport avec une intention de Jésus. Et voici comment il procédait.

« Les textes qui concernent véritablement l'institution de l'Eglise, observait-il, sont des paroles du Christ glorifié^. » Or, l'historien ne peut tenir compte de discours attribués au Ressuscité, pas plus que des récits mêmes de sa résurrection : ce sont là des faits surnaturels qui échappent au contrôle de l'histoire, et qui d'ailleurs doivent être le produit de la conscience chrétienne primitive. « La résurrection du Sauveur n'est pas proprement un fait d'ordre historique... Je dis la même chose pour l'institution de l'Eglise, en tant que cette institution répond à une volonté formelle et spéciale du Christ, puisque cette volonté n'est pas plus véri-

1. C'est l'idée qui a inspiré l'étude sur les paraboles insérée par M. Loisy dans ses Études évangéliques, 1902, et sa brochure Le Discours sur la montagne, 1903, partie de son projet de commentaire sur les Evangiles synoptiques.

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