Ibid., p
54 AUTOUR d'un petit livre
fiable pour l'historien que la gloire même de Jésus ressuscité'.)) « Les paroles du Sauveur, dans les quatre Évangiles, supposent acquise l'expérience de la génération apostolique... Le critique y reconnaît l'expression d'un fait vivant; il ne peut les vérifier comme témoignage d'une volonté particulière, qui aurait été formulée à un moment donné, en termes précis, par le Christ^. » Il est « clair que les évangélistes racontent beaucoup moins des incidents particuliers de l'histoire qu'ils n'expriment un sentiment de la conscience chrétienne, dans les termes qui leur semblent répondre le mieux au fait chrétien. En tous ces témoignages, l'institution divine de l'Église est signifiée par la foi à la foi, beaucoup plus que l'origine de l'Eglise n'y est décrite par l'histoire et pour elle. La foi à l'institution divine de l'Église se manifeste dans les documents qui attestent la foi au Christ ressuscité : c'est un témoignage de foi qui présente à la foi le Christ immortel et la volonté du Christ sur l'Église^. »
Ainsi, les théologiens ont coutume d'alléguer, en faveur de la primauté du Pape, les textes de Matthieu, XVI, 18-19 : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église,... et je te donnerai les clefs du royaume des cieux...», et de Jean, xxi, 16-17 : « Pais mes agneaux,... pais mes brebis )>; en faveur de l'infaillibilité pontificale, celui de Luc, xxii, 32 : « J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point. » Mais ces textes sont autant de produits de la