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L EGLISE ET LES SACREMENTS

pensée chrétienne. Ceux qui concernent la primauté ont dû être écrits « en vue de la situation prépondérante que l'Eglise romaine occupait déjà, dans le monde chrétien, vers la fin du premier siècle ^ « Celui que l'on rapporte à l'infaillibilité concernerait seulement « le rôle de Pierre amenant les autres apôtres à la foi de la résurrection ^ », et refléterait d'ailleurs le fait accompli^.

Il faut en dire autant des textes qui visent l'établissement des sacrements.

A l'appui de l'institution divine du baptême, on cite la sentence de Matthieu, xxviii, 19, où le Christ donne à ses apôtres l'ordre d'aller baptiser. Mais, « l'apparition décrite par Matthieu étant comme un résumé synthétique des traditions relatives à la résurrection, les paroles du Christ expriment, pour l'historien, un sentiment vivant de la conscience chrétienne'. » Il est d'ailleurs probable que l'allusion au baptême, dans cet endroit, est « une glose » suggérée par la liturgie baptismale et insérée après coup dans le premier Evangile^. En tout cas, « que l'adoption du rite ait été suggérée par l'Esprit aux apôtres ou dans une vision du Christ ressuscité, l'institution se rattache au Christ de la foi, non au Christ de l'histoire; et l'historien est autorisé à dire

1. Ibid., p. 174. — M. Loisy semblait attribuer celte hypothèse à « des critiques non catholiques ». En réalité, il la faisait sienne. Cf. p. 175; Les Evangiles synoptiques, 1908, t. II, p. 10; Le quatrième Évangile. 1903, p. 941, 943.

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