Ibid., p
58 AUTouu d'un petit livre
témoignage de la foi, dont la force n'est appréciable que pour la foi même ^ »
Cette dernière proposition semblait insinuer que « le témoignage de la foi », c'est-à-dire, si l'on se réfère au passage correspondant de L'Ef^angile et l'Eglise^, « la foi des apôtres », pouvait venir renforcer le témoignage de l'histoire et achever la preuve du fait de la résurrection. Hélas ! il n'en était rien.
Le critique, en effet, présentait la croyance même des apôtres en la résurrection de leur Maître comme le produit d'un travail intérieur, fondé sur la foi en sa messianité. La première épreuve que rencontra la foi messianique, disait-il, « fut la mort ignominieuse de Jésus. Elle fut surmontée par la foi à la résurrection, qui, dès l'abord, fut la foi à la vie immortelle du Crucifié bien plus qu'au fait initial qui est suggéré à notre esprit par le mot de résurrection^ ». Cette détermination de la croyance « sauvait l'idée messianique dans son application à Jésus et permettait au christianisme de s'affirmer en face du judaïsme. Elle ne se constitua pas subitement, par un seul trait de lumière qui l'aurait tout à coup révélée aux douze apôtres^. »
Or, unecroyance ainsi formée ne pouvait évidemment offrir à l'historien qu'une médiocre garantie de la vérité du fait auquel elle se rapporte ; et c'est sans doute pourquoi l'on observait que sa valeur « n'est appréciable que pour la foi même ».