‹ Les théories de M. LoisyChapitre 48 sur 235 · IbiJ., p · texte numérisé non relu

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rience religieuse que peut faire l'historien de l'action divine du Christ, présidant du sein de la gloire à la naissance de son Eglise, donnant essor à tout son développement vital, l'inspirant et la dirigeant à travers les péripéties de son histoire. Mais la valeur de cet argument ne pouvait empêcher de regretter, comme grandement préjudiciable, le rejet absolu de tous les autres. D'autre part, la manière même dont on exposait celui-ci en diminuait singulièrement la portée. On semblait trop présenter cette perception de l'influence divine du Christ comme afi"aire d'impression et de sentiment religieux, sans insister sur ce que l'histoire offre de réalités et de faits, appuyant cette expérience intérieure et la justifiant d'une façon très sérieuse au regard de la raison. 11 était assurément fort grave de réduire à cette seule base, presque toute subjective, malaisée à préciser et à apprécier, le fondement rationnel de la foi.

Au surplus, une théorie qui prétendait légitimer l'institution de l'Eglise et celle du culte chrétien par l'unique volonté du Christ glorieux, invérifiable aux moyens de connaissance humains et ordinaires, ne paraissait pouvoir s'accorder que fort difficilement, si tant est qu'elle pût même s'accorder, avec ce que l'Eglise a toujours enseigné sur la valeur de ses principaux sacrements. Comment pouvait-on admettre, par exemple, la réalité de la présence de Jésus-Christ dans l'eucharistie, quand on posait en fait que cette présence n'avait été l'objet d'aucune volonté du Sauveur au dernier repas, mais qu'elle était devenue peu à peu objet de foi dans la com-

munauté chrétienne ? Devait-on penser que le Christ glorieux avait sanctionné sur ce point la croyance de son Eglise, au moment même où elle s'était produite et qu'à partir de cet instant l'eucharistie avait contenu la présence réelle qu'auparavant elle ne renfermait pas? M. Loisy ne songeait évidemment point à faire valoir une pareille supposition. Il ne reniaitpas pour cela son système; mais il laissait assez clairement entendre qu'il fallait sacrifier la croyance de l'Eglise. « Je n'ignorais pas, écrivait-il, l'abîme qui se creuse entre la vérité de l'histoire, chaque jour mieux connue, et la donnée théologique matériellement comprise, c'est-à-dire entendue à la fois comme une expression directe et fidèle de la réalité primitive, et comme une expression adéquate de l'action divine dans l'Eglise par le moyen des symboles sacramentelsl. »

La divinité de Jésus au point de vue de l'histoire

Au sujet de la divinité de Jésus, la position vraie du critique était encore plus éloignée de la pensée catholique. Il déclarait bien admettre cette divinité; il protestait que le Christ était réellement Dieu pour la foi. Mais il n'en maintenait pas moins fermement tout ce qu'il avait écrit sur ce point dans L'Evangile et VEgUse.

A ceux qui trouvaient le Christ de l'histoire, tel qu'il l'avait dépeint, fort au-dessous du Christ de la foi, il répondait : « Les faits sont les faits, et la première conclusion à en tirer, s'ils sont ainsi, c'est

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