Ibid., p
68 AUTOUR d'un petit livre
« Quand nos théologiens disent que la personne du Christ aurait toujours connu, par sa science divine, ce que sa science humaine aurait pu ne pas contenir, en sorte que Jésus, au moins dans l'étage supérieur de son être, ne pouvait rien ignorer, j'ai peur que les vrais philosophes ne se croient en présence d'une construction mécanique et artificielle, non d'une conception rationnelle, et que le sublime de la théorie ne leur semble pas exemptde fragilité. Tout sepasse, dansla carrière du Sauveur, comme si cette science extraordinaire n'existait pas*. »
Bien plus, s'il est vrai que l'attente du royaume prochain doit être appelée une erreur, « cette erreur... est dans l'Evangile », et l'on est « obligé d'admettre, ou que Jésus l'a professée, ou que la majeure partie de son enseignementdans les Synoptiques est dépourvue d'authenticité-. »
Aussi l'auteur déclarait-il que ce qui inquiète l'esprit de nos contemporains sur la divinité du Christ et sa science prétendue infaillible, c'est « l'impossibilité de concilier le sens naturel des textes évangéliques les plus certains avec ce que nos théologiens enseignent ou semblent enseigner touchant la conscience de Jésus ^. » « Même pour l'interprétation des textes, répétait-il, une exégèse raisonnable n'est-elle pas impossible si l'on n'admet d'abord que l'enseignement actuel de l'Église, qui est la règle du théologien et du