INTERPRETATION NOUVELLE DES DOGMES /O
puisqu'elle ne définit pas la pleine réalité de l'objet qu'elle représente ; elle n'en est pas moins le symbole d'une vérité absolue; jusqu'à ce que l'Eglise juge à propos de la modifier en l'expliquant, elle est la meilleure et la plus sûre expression de la vérité dont il s'agit. Le fidèle adhère d'intention à la vérité pleine et absolue que figure la formule imparfaite et relative. Adhérer à la formule comme telle, d'un assentiment de foi divine, serait adhérer à ses imperfections inévitables, la proclamer imperfectible et adéquate, bien qu'elle soit inadéquate et imparfaite. Le catholique peut donc croire à l'autorité de l'Eglise et à ce que l'Eglise enseigne. Il ne pense pas pour cela que le formulaire ecclésiastique signifie son objet avec une telle perfection que rien n'y sera jamais changé par voie d'interprétation <. »
C'est du même point de vue que l'on entrevoyait toute la portée de cette autre réflexion, au premier abord inofFensive, touchant la divinité de Jésus: « Le Christ est Dieu pour la foi. Mais les gens nous demandent maintenant de leur expliquer Dieu et le Christ, parce que nos définitions sont conçues en partie dans une autre langue que la leur. Une traduction s'impose. Ainsi entendu, le problème christologique est encore actueP. »
Aussi, plus encore que dans son précédent ouvrage, l'auteur s'élevait-il contre la prétention de l'autorité ecclésiastique à exiger une adhésion à ses définitions de foi tout autre que celle qu'on vient