Lettre du 3 janvier 1904, au naèiiie. Op. cit., p
4. Traducteur anglais de l'ouvrage de M. A. Harnack, Da3 Wesen des Christentums. — What is Cliristianity ? London, 1902.
82 DE LA CONDAMNATION A l'eXCYCLIQUE
Mais ce respect ne fait pas tort à celui que je dois à la vérité même. Catholique j'étais, catholique je reste; critique j'étais, critique je reste. » « Je n'ai pas interrompu mes travaux critiques sur les Evangiles, et je n'ai pas l'intention de les interrompre. Mon commentaire de Jean est publié. J'achève maintenant mon commentaire des Synoptiques'. »
C'est dans cette disposition d'esprit que l'auteur venait d'écrire, le 5 janvier, au Cardinal Richard : « Je me propose d'envoyer prochainement à S. E. le Cardinal Secrétaire d'Etatl'acte de mon adhésion au jugement des SS. Congrégations^. »
La formule était grandement équivoque. Comme une note de la Semaine religieuse de Paris, du 9 janvier, était conçueen ces termes : «M. l'abbéLoisy... a écrit à Son Eminence pour lui annoncer sa soumission, dont il se propose d'informer lui-même la Sacrée Congrégation », c'est « un incident regrettable », écrivait iNI. Loisy à M. von Hùgel. On a voulu sans doute « m'engager plus vite et plus complètement dans la voie de l'obéissance, tout en me compromettant vis-à-vis de l'opinion savante et du gouvernement français pour mon enseignement à la Sorbonne^. Le directeur de la Section des sciences religieuses, M. A. Réville, m'a écrit à ce sujet deux
1. Lettre du 8 janvier 1904, à M. T. Bailey Saunders. Op. cit. p. 21, 22.
2. Lettre du 5 janvier 1904, à S. É. le Cardinal Richard. Op. cit., p. 19.
3. A la suite de 1 interdiction de son étude sur La Religion d'Israël, dans la Revue du Clergé français (octobre 1900), M. Loisy avait sollicité et obtenu du Ministère de l'Instruction publique l'aulorisalion de faire un cours d'exégèse biljlique à l'Ecole pratique des Hautes-Etudes, Section des sciences religieuses. Les
RÉPONSE À LÀ CÔXDAMNÂtlOÎÎ Ô3
lettres, d'ailleurs bienveillantes et sensées. Il est sûr qu'une rétractation, au sens où l'entend le CardinalRichard, me perdrait dans l'opinion publique, et rendrait impossible la continuation de mon cours, même pour la présente année. J'ai fait rectifier immédiatement dans deux journaux le communiqué de l'Archevêché, sans toutefois me mettre en avant, et j'ai fait ajouter un aperçu de ce que sera ma. soumission, dans l'ordre de la réalité^. »
On lisait, en effet, dans VEclair du 10 janvier : « Nous croyons savoir que la lettre de l'abbé Loisy au cardinal Richard n'avait pas une signification aussi nette que l'indique la note de la Semaine religieuse. Cette lettre, qui était un simple accusé de réception et qui n'étaitpas destinée, dans la pensée de son auteur, à fournir la matière d'une information publique, ne permettait pas de préjuger le sens des déclarations que l'abbé Loisy se propose de faire aux autorités romaines'-^. «
Les termes authentiques de la lettre adressée au Cardinal Merry del Val répondaient bien à l'esquisse qu'en avait tracée M. Loisy à M. von Hùgel. « Je reçois avec respect, y disait-il, le jugement des SS. Congrégations, et je condamne moi-même dans mes écrits ce qui peut s'y trouver de répréhensible..
leçons professées furent, en 1900-1901, Les Mythes babylonienset les premiers chapitres de la Genèse, publiés en volume, in-S",. xix-212 pages, 1901 ; en 1901-1902, Les Paraboles de l'Éi-angile, publiées dans Etudes évangéliqucs, in-S", xix-333 pages, 1902; en' 1902-1903, les récits de la vie publique de Jésus; en 1903-1904,. les récits de la passion dans les Synopti(]ues.
1. Lettre du 10 janvier 1904, à M. von Iliigel. Op. cit., p. 24-25.-