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La critique des données évangéliques
M. Loisy commençait par réduire considérablement la valeur documentaire que l'Eglise accordait jusqu'ici aux Evangiles. A son sens, « le départ est souvent difficile à faire entre la religion personnelle de Jésus et la façon dont ses disciples l'ont comprise, entre la pensée du Maître et les interprétations de la tradition apostolique... Il ne reste dans les Evangiles qu'un écho, nécessairement affaibli et un peu mêlé, de la parole de Jésus; il reste l'impression générale qu'il a produite sur ses auditeurs bien disposés, ainsi que les plus frappantes de ses sentences, selon qu'on les a comprises et interprétées ; il reste enfin le mouvement dont Jésus a été l'initiateur ^ »
Interprétés critiquement, les Evangiles attesteraient que Jésus n'a prévu et annoncé que l'avènement imminent du royaume de Dieu, entendu dans son sens strictement eschatologiqiie ^ c'est-à-dire comme royaume de la p.n des temps. Dès lors, l'idée d'une institution, telle que l'Eglise, destinée à préparer le royaume, censé lointain, ou à le réaliser dans une première phase imparfaite, en attendant sa consommation finale ou son avènement proprement dit, ne s'est pas même présentée à son esprit.
Jésus était si persuadé de la venue immédiate du royaume qu'il éprouvait une suprême indifférence poui' tout ce qui devait passer si promptement. Là, au dire du critique, se trouve la clé de toute son