LA CRITIQUE DES DONNEES EVANGELIQUES
attitude à l'égard du inonde, des biens terrestres, du droit humain, de la civilisation. « La perspective du royaume prochain devait lui inspirer vis-à-vis de toutes ces choses une espèce de dédain, et les textes ne laissent pas le moindre doute sur ses sentiments'. » La même perspective « explique pourquoi Jésus ne promulgue aucune prescription proprement disciplinaire ». Elle aide à comprendre « pourquoi il exige de tous ceux qui aspirent au royaume, non la disposition à sacrifier éventuellement leurs biens et leurs affections de famille, mais à tout quitter immédiatement pour le suivre^. » Ce que le Christ historique prescrit, en effet, c'est d' « abandonner les richesses et les occupations de ce monde » ; c'est « le travail même qui est défendu ou déconseillé^. » Seules, les circonstances ont forcé les disciples à modifier plus tardée programme du Maître, « pour accommoder à la condition d'un monde qui durait, ce qui avait été dit à un monde censé près de finir^. »
« Quant à la révolution morale que le Christ aurait voulu opérer dans le monde, disait encore M. Loisy, on ne doit pas se lasser de répéter que Jésus ne l'a pas conçue en dehors du royaume prêt avenir, et qu'il ne l'a point présentée comme une œuvre de lent progrès"'. » Aussi le critique concluait-il avec assurance que « Jésus n'avait pas réglé d'avance la constitution de l'Église comme