Lettre du 9 mai 1907, à M. l'abbé X. Op. cit., p
EXPBESSION KonvELLE 1>B SES IDÉES 105
encore une de ces questions qui sont résolues dès qu'on a osé une fois les formuler. L'autorité de l'Eglise ne peut avoir d'elïet rétroactif pour changer en faits anciens les symboles d'une foi plus récente'. » De même que « les récits concernant la naissance du Sauveur sont purement légendaires », « ceux qui concernent la résurrection sont en grande partie fictifs ou artificiellement arrangés; la résurrection du Christ, si on veut la prendre pour un fait d'ordre historique, échappe entièrement à la vérification de l'historien^ ». « C'est ce que j'exjDliquais déjà dans L'Evangile et V Eglise : si l'on prend la résurrection du Christ pour un fait d'ordre historique, ce fait n'est ni démontré ni démontrable. Cela n'équivaut pas à : la résurrection n'a pas eu lieu. Cependant j'avoue que telle est ma pensée, si l'on veut entendre par résurrection cette chose inconcevable, le cadavre d'un mort de deux jours reprenant une vie qui n'est pas celle des mortels, et qui néanmoins se manifeste sensiblement. De ce prétendu miracle l'historien n'a pas à tenir compte, car il n'est pas véritablement attesté. Je vais plus loin encore, et je dis que le croyant même n'est pas obligé de l'admettre, parce que l'autorité de l'Eglise ne peut conférer la réalité historique à ce qui ne l'a pas de soi-même, instituer dans le passé ce qui n'a pas existé^. »