Lettre citée, du 17 juin 1907. Op. cit., p
110 DE LA CONDAMNATION A l'eNCYCLIQCB
« Qu'est-ce que l'infaillibilité de l'Église? Est-ce lafaculté de résoudre, absolument et pour toujours, tout problème qui se pose devant l'esprit humain, pourvu que ce problème ait un rapport quelconque avecla religion ?N'est-ce pas simplement le pouvoir, je dirais plus volontiers le devoir de guider les croyants dans une voie conforme à la tradition de l'Evangile ^?» « L'autorité de l'Eglise, qui entend au sens matériel bien des énoncés où un examen plus attentif ne découvre que des symboles, ne peut avoir le caractère d'infaillibilité absolue que la pratique ecclésiastique, plus encore que la théorie théologique, n'a pas cessé de lui attribuer. On peut la comparer à celle des parents vis-à-vis de leurs enfants, à celle d'un maître vis-à-vis de ses élèves. Infaillibilité relative et pédagogique, qui devrait s'exercer par voie de persuasion et dans certaines limites, nonpar contrainte et sans réserves^.»
« L'autorité de l'Eglise n'est pour moi une police supérieure à celle de l'Etat qu'à raison de l'ordre où elle s'exerce. Je crois cette autorité sujette à d'énormes abus, parce qu'elle exagère jusqu'à l'infini son droit et la portée de ses décisions. Ce droit n'est pas autre que celui de toute autorité régulièrement constituée dans une société humaine^. »
Puisque l'Eglise n'a pas une autorité absolue pour régler les choses de la foi, M. Loisy ne reconnaît à personne le droit de l'appeler hérétique. Il ne se tient pour hérétique que par rapport à l'enseigne-
1. Lettre du 12 juin, au Gard. Merry del Val. Op. cit., p. 123