Ibid., p
10 l'évangile et l'église
celle d'un gouvernement établi sur la terre et destiné à s'y perpétuer pendant une longue série de siècles'. » Son regard « n'embrassait pas directement l'idée d'une religion nouvelle, d'une Église à fonder, mais toujours l'idée du royaume des cieux à réaliser. Ce fut l'Eglise qui vint au monde, et qui se constitua de plus en plus, par la force des choses, en dehors du judaïsme^. » « Jésus annonçait le royaume, et c'est l'Eglise qui est venue ^. »
On ne pouvait nier plus complètement la fondation directe de l'Eglise par Jésus-Christ. Il n'y a donc pas à s'étonner si le rattachement des autres dogmes chrétiens aux données évangéliques était sacrifié de même façon.
C'est ainsi que le Christ de l'histoire n'aurait pas revendiqué, à proprement parler, la divinité. 11 se serait seulement déclaré le Messie, et, dans sa bouche, l'expression de Fils de Dieu n'aurait jamais eu d'autre sens. « L'on trouverait sans peine dans les Évangiles, affirmait M. Loisy, plus d'un passage d'oîi il résulte que le titre de Fils de Dieu était pour les Juifs, pour les disciples et pour le Sauveur lui-même, l'équivalent de Messie''. » « En tant que le titre de Fils de Dieu appartient exclusivement au Sauveur, il équivaut à celui de Messie, et il se fonde sur la qualité de Messie. » « Jésus se dit Fils unique de Dieu dans la mesure où il s'avoue